CG15-38660.md

identifiantCG15-38660.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1814/04/14 00:00
titreNapoléon au général Caulaincourt, ministre plénipotentiaire de l’Empereur au congrès de Chatillon
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38660. - </b>Au général Caulaincourt, ministre plénipotentiaire de l’Empereur au congrès de Chatillon</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Fontainebleau, 14 avril 1814</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de Vicence, je vous envoie une lettre de l’Impératrice en date du 13. Vous y verrez la situation d’âme de cette princesse. Elle m’a écrit cette lettre à son arrivée à Rambouillet. Je vous envoie également une lettre de Méneval.<sup>[^1]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Np</i></h3><p style="margin-bottom: 0cm"><span style="font-variant: small-caps">Annexe</span> </p><p style="margin-bottom: 0cm"><br/> </p><p style="margin-bottom: 0cm">Mon cher ami, je t’ai écrit hier un mot par l’officier polonais que tu m’as envoyé. Je t’écris malgré cela encore aujourd’hui quoique je craigne que cela ne te parvienne pas mais l’idée de ne pas pouvoir te donner de mes nouvelles m’est insupportable. Je désire bien que tu ne sentes pas autant le besoin d’avoir des miennes que j’ai celui d’avoir de tes lettres. Je suis bien malheureuse, bien triste, et je tâche seulement de prendre sur moi pour être plus propre à te consoler, car tout ce que je désire c’est de pouvoir partager ta mauvaise fortune et de pouvoir t’être utile. Mon père n’est pas encore arrivé, on dit qu’il va venir demain. J’attends avec bien de l’impatience ce moment pour pouvoir venir te rejoindre tout de suite après où je te trouverai. Ton fils a soutenu la route à merveille, c’est vraiment un enfant charmant, il devient tous les jours plus aimable, il ne se propose pas de faire un très bon accueil à l’empereur d’Autriche et je crains que, quoique nous lui disions, qu’il y tienne beaucoup. Ma santé est toujours mauvaise. Je suis si malheureuse loin de toi que je sens que je ne pourrais entièrement me rétablir que quand je te reverrai. En attendant, je suis bien fatiguée d’avoir passé toute la nuit, le chemin a été affreux, je me suis couchée tout de suite en arrivant. Je ne fais que penser à toi, tu es si bon et si malheureux et tu mérites si peu de l’être. Au moins si tout mon tendre amour pouvait te servir à te faire espérer un peu de bonheur, tu en aurais encore beaucoup dans ce monde. J’ai l’âme déchirée de ta triste situation. Je finis, je sens que je t’affligerai ; je te prie de ne jamais douter de tous les tendres sentiments de ta fidèle amie Louise.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Ce 13 avril 1814.</p> [^1]: Expédition, Archives nationales, fonds Caulaincourt, 95 AP 14.</body>