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CG15-38649.md| identifiant | CG15-38649.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1814/04/08 00:00 |
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| titre | Napoléon à Marie-Louise, impératrice |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38649. - </b>À Marie-Louise, impératrice</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Fontainebleau,
8 avril 1814</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon amie, j’ai reçu ta lettre du 7.
J’ai vu avec plaisir que ta santé était meilleure que l’on
devait le penser des inquiétudes que tu dois avoir. Une amnistie<sup>[^1]</sup>
a été conclue, et un aide-de-camp de l’empereur de Russie doit
s’être rendu près de toi, pour t’escorter jusqu’ici ;
mais je t’ai fait dire de t’arrêter à Orléans, moi-même étant
sur le point de partir. J’attends à cet effet que Caulaincourt ait
arrangé les affaires avec les alliés. La Russie désirait que
j’eusse la souveraineté de l’île d’Elbe et que j’y
demeurasse<sup>[^2]</sup>,
et toi la Toscane pour ton fils après toi, ce qui t’aurai mis à
même d’être avec moi tant que cela ne t’aurait pas ennuyée et
de pouvoir exister dans un bon pays favorable à ta santé. Mais
Schwarzenberg s’y oppose au nom de ton père. Il paraît que ton
père est notre ennemi le plus acharné<sup>[^3]</sup>.
Je ne sais pas donc ce qui s’est réglé. Je suis fâché de
n’avoir plus qu’à te faire partager ma mauvaise fortune. J’eusse
quitté la vie si je ne pensais que cela serait encore doubler tes
maux et les accroître. Si Mme Montesquiou veut achever l’éducation
du roi, elle en est maîtresse, mais ne doit pas s’imposer de trop
grands sacrifices. Je suppose que M<sup>me</sup> Mesgrigny<sup>[^4]</sup>
s’en retourne à Paris. Je ne sais ce que voudra faire la duchesse,
toutefois je pense qu’elle voudra d’abord t’accompagner. Il
faut faire donner 1 000 000 au roi Joseph, autant au roi
Louis, autant au [roi] Jérôme, autant à Madame, autant aux
princesses Pauline et Élisa, ce qui fait l’emploi de 6 000 000<sup>[^5]</sup>.
Prends un décret pour cela et que les princesses se rendent à
Marseille et Nice par Limoges, ce qui diminue tes embarras. Tes
conseillers d’État et ministres peuvent s’en retourner à Paris.
Prends dans tes voitures 1 000 000 en or. Fais-en prendre
autant dans celles du Roi. Fais-moi un projet pour réduire ta maison
à ce qui est de bonne volonté et t’est nécessaire. 2 dames
suffisent avec toi, cela diminuera l’embarras de la route.
Beauharnais<sup>[^6]</sup>
et Aldobrandini<sup>[^7]</sup>
te suivront. Fais payer les gages de tout le monde et de ce qui doit
te suivre jusqu’au 1<sup>er</sup> juillet. Nous voyagerons avec les
attelages de l’écurie et les chevaux de selles.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Adieu, ma bonne Louise. Je te plains.
Écris à ton père pour lui demander la Toscane pour toi, car pour
moi je ne veux plus que l’île d’Elbe.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Adieu, mon amie. Donne un baiser à ton
fils.<sup>[^8]</sup></p><p style="margin-bottom: 0cm"><br/>
</p>
[^1]: Lire « armistice », mot que Napoléon a toujours déformé.
[^2]: Proposition du tsar Alexandre.
[^3]: C’est surtout Schwarzenberg qui est un adversaire acharné.
[^4]: Éléonore de Rambuteau, épouse d’Adrien de Mesgrigny, sous-gouvernante du roi de Rome.
[^5]: Le trésor a fait l’objet d’une saisie par le gouvernement provisoire installé à Paris.
[^6]: Claude de Beauharnais, chevalier d’honneur de l’Impératrice.
[^7]: Le prince Francesco Borghèse Aldobrandini, beau-frère de Pauline Bonaparte, écuyer de l’Impératrice.
[^8]: <span></span> Expédition autographe, Bibliothèque nationale de France, N.A.F. 12487 III, publiée par Louis Madelin, <i>Lettres inédites de
Napoléon à Marie-Louise, écrites de 1810 à 1814</i>, Paris, BnF, 1935, p. 237, n° 300.</body> |
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