CG15-38611.md

identifiantCG15-38611.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1814/03/23 00:00
titreNapoléon au maréchal Berthier, major général de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38611. - </b>Au maréchal Berthier, major général de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Château du Plessis, 23 mars 1814, trois heures du matin</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon cousin, écrivez au général Saint-Germain la lettre suivante :</p><p style="margin-bottom: 0cm">« Je vous ai donné ordre hier de vous rendre à Saint-Dizier : vous ne m’avez pas rendu compte de votre arrivée dans cette ville ; j’apprends indirectement, au contraire, que vous êtes resté à Perthes. Je ne puis pas penser que cela soit ; votre ordre était formel, et ce serait une désobéissance de votre part. Je vous avais également envoyé ordre de pousser un parti sur Bar-sur-Ornain<sup>[^1]</sup> : vous ne m’avez pas rendu compte de l’exécution de cet ordre ; si vous vous êtes réservé de faire cela aujourd’hui, vous sentez que ce n’est pas la même chose : vingt-quatre heures apportent bien du changement dans la situation militaire. »</p><p style="margin-bottom: 0cm">Écrivez au général Saint-Germain que, s’il ne s’est pas rendu à Saint-Dizier hier soir, comme le portait son ordre, il ait à s’y rendre aujourd’hui de bonne heure et fasse bien éclairer ce que fait l’ennemi du côté de Montier-en-Der, parce que c’est de ce côté que l’ennemi pourrait venir.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Écrivez au général Defrance pour savoir également pourquoi il n’a pas donné de ses nouvelles ; que ce n’est qu’indirectement que nous apprenons qu’il s’est rendu à Saint-Dizier et a fait 500 prisonniers, mais que nous n’avons aucun rapport de lui ; que nous devrions recevoir de lui trois rapports au moins dans la journée ; qu’il faut aujourd’hui bien garder les ponts de Saint-Dizier et bien éclairer ce que l’ennemi fait dans la direction de Vassy et de Montier-en-Der ; que, s’il apprend par les habitants qu’il y a quelque coup à faire, il le fasse.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Donnez ordre au général Henrion, qui commande une division de Jeune Garde, de partir aujourd’hui de devant Vitry, à cinq heures du matin, pour venir me rejoindre.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Faites connaître au général Sorbier qu’il est nécessaire que, deux fois par jour, il rende compte des mouvements du parc ; que nous ne savons pas encore à quelle heure le parc a passé le gué hier, ni où il est dans ce moment ; qu’il doit envoyer à l’état-major un officier qui y reste toute la nuit pour recevoir les ordres qu’on aurait à lui transmettre, et qu’il doit se conformer avec exactitude à cette disposition.<sup> [^2]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Bar-le-Duc, selon l’ancienne toponymie héritée de la Révolution. [^2]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 21532, d’après l’original communiqué par le cabinet de Napoléon III.</body>