CG15-38598.md

identifiantCG15-38598.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1814/03/19 00:00
titreNapoléon au général Clarke, ministre de la Guerre
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38598. - </b>Au général Clarke, ministre de la Guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Fère-Champenoise, 19 mars 1814, au matin</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de Feltre, voici l’état des choses : le duc de Tarente n’a pas plus de 20 à 25 000 hommes devant lui, peut-être a-t-il moins<sup>[^1]</sup>. Le prince Schwarzenberg et le général de Wrede sont venus à Arcis-sur-Aube : ils marchaient sur Sézanne et Villenauxe<sup>[^2]</sup> quand la nouvelle de mon approche leur a fait repasser l’Aube ; je vais jeter un pont à Plancy, après cela, quel que soit leur nombre, je marcherai sur eux.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Ils ont d’autres corps du côté de Brienne parce qu’ils craignaient que de Châlons je ne me portasse sur Saint-Dizier et tout à fait sur leurs arrières, ce qu’ils paraissent redouter par-dessus tout. Toute la population leur tire des coups de fusil de tous côtés ; cela a au moins l’avantage de leur donner une haute idée du caractère national, de la difficulté de réduire cette population et de son attachement à ma personne. C’est ainsi toutes les fois que les personnes les plus exagérées sont impliquées à Troyes et dans différents endroits dans l’Alsace et dans la Lorraine ; tout est préparé pour une insurrection nationale.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il y a de l’indécision, de la discussion, de la malhabileté dans les mouvements de l’ennemi, leurs troupes sont peu redoutables et cette idée d’avoir à éviter toute cette population qui les tue, leur ôte la moitié de leurs forces morales.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Si le duc de Tarente avait attaqué vivement, nul doute qu’il aurait battu le prince de Wurtemberg<sup>[^3]</sup> ; il paraît que c’est ce prince qui commande devant lui. Envoyez ces détails au duc de Tarente ; je suppose que mon mouvement sur Méry dégagera ce maréchal qui doit alors chercher à me rejoindre.<sup>[^4]</sup></p><p style="margin-bottom: 0cm"><br/> </p><p style="margin-bottom: 0cm">L’Empereur montant à cheval m’ordonne d’expédier cette lettre sans sa signature. Le secrétaire du cabinet</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Baron Fain</h3><p style="margin-bottom: 0cm"><br/> </p><p style="margin-bottom: 0cm"><br/> </p> [^1]: Macdonald a dû affronter les Alliés le 17 mars à Nogent-sur-Seine et Provins. [^2]: Villenauxe-la-Grande, arrondissement de Nogent-sur-Seine. [^3]: Guillaume (Wilhelm), prince royal de Wurtemberg. Il est le frère de Catherine, épouse de Jérôme Bonaparte. [^4]: Copie d’expédition, S. H. D., Guerre, 17 C 329.</body>