|
CG15-38562.md| identifiant | CG15-38562.md |
|---|
| fait partie de | correspondance |
|---|
| est validé | oui |
|---|
| date | 1814/03/16 00:00 |
|---|
| titre | Napoléon au général Clarke, ministre de la Guerre |
|---|
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38562. - </b>Au général Clarke, ministre de la Guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Reims, 16
mars 1814</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de Feltre, vous me
mandez que l’ennemi a évacué Sens et que d’un autre côté il
jette des ponts à Pont-sur-Seine. Blücher a battu en retraite
devant Soissons et s’est éloigné de l’Aisne. Le prince de la
Moskova est arrivé hier à Châlons. Colbert est à Épernay. J’ai
donné ordre au général Vincent de se rendre à Épernay.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il faut que le ministre de l’Intérieur
donne ordre que les préfets viennent nous rejoindre et que les
gendarmes soient renvoyés dans leur département. Il faut aussi
partout réorganiser les gardes nationales dans les départements que
nous réoccupons. Ces deux jours de repos ici ont fait grand bien à
l’armée. Il paraît que l’ennemi inquiète Compiègne. Il n’y
a que 2 pièces de canon. Il faudrait y en envoyer encore 4 pour
avoir là une batterie passable. Il faudrait aussi y réunir la levée
en masse des environs et y envoyer la 2<sup>e</sup> brigade du
général Souham ou une autre brigade de la réserve de Paris, sous
les ordres d’un général de brigade qui ait quelque intelligence,
tant pour chasser l’ennemi s’il n’a là que des partisans que
pour garder l’Oise, puisque tous les grands mouvements vont avoir
lieu sur la droite. J’espère être en communication aujourd’hui
avec Verdun et pouvoir tirer 12 000 hommes de mes places de la
Moselle. Le prince de Neuchâtel vous a envoyé copie des ordres
qu’il a expédiés pour les généraux Morand, Merle et Broussier.
Envoyez-leur ces mêmes ordres par duplicata. Je suppose que le
général Lefebvre-Desnouettes est parti aujourd’hui. Mandez-lui de
se rendre à Château-Thierry. Je suppose qu’il m’amènera une
batterie de réserve de la Garde, mes bagages et surtout un caisson
où j’ai de l’argent et qui est à Meaux. Selon mon compte, il a
dû partir aujourd’hui 16 ; il sera demain le 17 à La
Ferté-sous-Jouarre et de là il continuera sa route par
Château-Thierry sur Épernay où il arrivera vers le 19. Vous aurez
donc le temps de lui faire connaître s’il doit se diriger sur
Châlons ou sur Reims. Il faut utiliser cette grande quantité de
gardes nationales que vous avez à Paris, à Meaux et ceux qui
viennent d’Orléans. Tout ce qui est habillé et armé pourrait
être d’un bon service. Je vous ai mandé d’en former une bonne
division de 5 à 6 000 hommes avec deux batteries et un millier
de chevaux, lesquels seraient dirigés sur Épernay. Je vous ai mandé
hier que si vous faisiez ramasser tous les 50 hommes et 100 hommes
qui sont épars dans les cinquièmes bataillons, vous auriez bientôt
de quoi former la 3<sup>e</sup> division de réserve. Le général
Allix<sup>[^1]</sup>
suivra sans doute l’ennemi pour tâcher de se rétablir à Sens.
Dès lors Souham pourra prendre position à Montereau ce qui rendra
disponibles pour le duc de Tarente les divisions qui sont à
Montereau. Tenez même Souham un peu séparé. Ce général occupant
Montereau, Bray et Nogent, c’est-à-dire toute la rive gauche de la
Seine, mettra tout le pays à l’abri d’événements et rendra
disponibles les corps du duc de Tarente et du duc de Reggio que je
compte appeler sur moi sur les derrières de l’ennemi. Dans ce
mouvement que je vais entreprendre, je vais m’éloigner de Paris,
mais de manière à attirer avec moi l’ennemi et dans tous les cas
à être toujours plus près que lui de Paris. Il est convenable que
la 2<sup>e</sup> division de réserve forte de 4 à 5 000 hommes
puisse toujours garder la Seine et que la 3<sup>e</sup> ayant une
brigade sur Compiègne et une sur Meaux tienne également tous les
partis éloignés de ce côté.<sup>[^2]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p style="margin-bottom: 0cm"><br/>
</p>
[^1]: Allix de Vaux.
[^2]: Copie d’expédition, S. H. D., Guerre, 17 C 329 (minute, Archives nationales, AF IV 906, mars 1814, n° 102).</body> |
|---|
| |
|