CG15-38507.md

identifiantCG15-38507.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1814/03/12 00:00
titreNapoléon à Joseph, lieutenant général de l’Empereur
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38507. - </b><span style="font-variant: small-caps">À </span>Joseph, lieutenant général de l’Empereur</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Soissons, 12 mars 1814, 2h après-midi</h2><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm">Le ton de vos lettres et ce que j’apprends que vous vous permettez de faire des adresses<sup>[^1]</sup> pour me demander la paix, et que ce projet est de vous me navrent de douleurs. Si vous voulez aussi me trahir, vous le pouvez faire ; mais je vous demande pour seule grâce de me laisser le cœur et l’amour de l’Impératrice. Elle m’a rendu heureux depuis quatre ans. Vous vous mêlez de vouloir diriger sa conduite et la faire entrer dans des pourparlers contre moi. Ce seul coup m’étonne. Vous pouvez vous mal conduire et vouloir jeter sur moi des blâmes et des reproches. Je suis au-dessus de tout, mais la diminution de confiance de l’Impératrice en moi, et l’introduction de qui que ce soit dans sa confiance entre moi et elle me paraît seule dure à supporter. Je suis résigné toutefois, mais je vous préviens que la première adresse que l’on se permettra de me faire, je la considérerai comme un acte de rebelle. Tout cela fait bien du mal à mes affaires. Si vous voulez abandonner l’Impératrice et régner, attendez ma mort. Cette espérance, si elle vous offre des perspectives pour arriver, suffit pour qu’il soit inutile de vous permettre un crime.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm">Je vous prie de me laisser la confiance de l’Impératrice et de ne pas vous mettre entre elle et moi, ni entre elle et son père. Je croyais être au-dessus de tout, mais à savoir que l’Impératrice a avec vous des secrets que j’ignore, je sens que je puis encore éprouver de nouvelles peines.<sup> [^2]</sup></p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm">Tout à vous,<sup>[^3]</sup></p><p style="text-align: right; margin-bottom: 0cm"><span style="font-variant: small-caps"><i>N</i></span><i>p</i></p> [^1]: Joseph avait eu le projet de faire rédiger une adresse par les plus grands personnages de l’Empire, cautionnée par Marie-Louise, pour exhorter l’Empereur à faire la paix. Ce projet a été révélé à Napoléon par le baron de Méneval (voir ci-dessous, n° 38510). [^2]: Napoléon sait qu’un parti à la cour souhaiterait son abdication en faveur de son fils. Dans cette hypothèse, Joseph deviendrait lieutenant général de l’Empire. [^3]: Expédition autographe, Archives nationales, 400 AP 12.</body>