CG15-38504.md

identifiantCG15-38504.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1814/03/12 00:00
titreNapoléon à Eugène, vice-roi d’Italie
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38504. - </b>À Eugène, vice-roi d’Italie</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Soissons, 12 mars 1814</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon fils, je vous envoie copie d’une lettre fort extraordinaire que je reçois du roi de Naples<sup>[^1]</sup>. Lorsqu’on m’assassine, moi et la France, de pareils sentiments sont vraiment inconcevables.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je reçois également la lettre que vous m’écrivez, avec le projet de traité que le roi vous a envoyé. Vous sentez que cette idée est une folie. Cependant envoyez un agent auprès de ce traître extraordinaire, et faites avec lui un traité en mon nom. Ne touchez au Piémont ni à Gênes, et partagez le reste de l’Italie en deux royaumes. Que ce traité reste secret jusqu’à ce qu’on ait chassé les Autrichiens du pays, et que, vingt-quatre heures après sa signature, le roi se déclare et tombe sur les Autrichiens. Vous pouvez tout faire dans ce sens ; rien ne doit être épargné dans la situation actuelle, pour ajouter à nos efforts les efforts des Napolitains. On fera ensuite ce qu’on voudra ; car, après une pareille ingratitude et dans de telles circonstances, rien ne lie. Voulant l’embarrasser, j’ai donné ordre que le Pape fût envoyé, par Plaisance et Parme, aux avant-postes. J’ai fait savoir au Pape que, ayant demandé, comme évêque de Rome, à retourner dans son diocèse, je le lui ai permis. Ayez donc soin de ne vous engager à rien, relativement au Pape, soit à le reconnaître, comme à ne pas le reconnaître.<sup>[^2]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Np</h3> [^1]: Murat, après avoir signé un traité d’alliance entre l’Autriche et Naples le 8 janvier, pense à changer de camp et propose un partage de l’Italie. [^2]: <span></span> Albert Du Casse, <i>Mémoires et correspondance politique et militaire du prince Eugène</i>, Paris, Michel Levy frères, vol. 10, p. 215 (copie de cette monographie Archives nationales, 400 AP 137). Extrait [catalogue de vente], Michel Castaing expert, <i>Autographes et documents historiques</i>, Versailles, 21 décembre 1976, n° 140. [LEC 1143]</body>