CG15-38492.md

identifiantCG15-38492.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1814/03/12 00:00
titreNapoléon au maréchal Berthier, major général de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38492. - </b>Au maréchal Berthier, major général de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Soissons, 12 mars 1814, six heures du soir</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon cousin, faites exécuter les dispositions suivantes.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Les divisions Colbert<sup>[^1]</sup> et Letort<sup>[^2]</sup>, sous les ordres du général Sebastiani, avec deux batteries d’artillerie à cheval, partiront sur-le-champ pour se rendre à Braisne. La division Exelmans partira ce soir également pour se rendre entre Sermoise et Braisne.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le prince de la Moskova partira avec la brigade Boyer (Pierre), augmentée du 122<sup>e</sup> et du régiment de la Vistule. Il mènera les douze bouches à feu de la division Boyer<sup>[^3]</sup>. Si cette division n’a pas les douze bouches à feu et quatre caissons de cartouches d’infanterie, il mènera une batterie de la division Meunier. Il laissera la division Meunier à Soissons, sous les ordres du duc de Trévise. Le prince de la Moskova ira ce soir aussi loin que possible, pour arriver de bonne heure à Reims demain. Le service de la place sera fait par le bataillon de l’Aisne.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous donnerez ordre au duc de Trévise de prendre sous son commandement, 1<sup>o</sup> la division Charpentier ; 2<sup>o</sup> la division Boyer (de Rebeval) ; 3<sup>o</sup> la division Curial ; 4<sup>o</sup> ses deux divisions et la division Meunier ; 5<sup>o</sup> la cavalerie du général Roussel ; 6<sup>o</sup> la cavalerie polonaise du général Pac ; 7<sup>o</sup> enfin la brigade des escadrons réunis ; tout cela sous les ordres du général Trelliard ; ce qui lui fera cinq divisions, formant la valeur de 8 à 9 000 hommes d’infanterie et 4 000 de cavalerie. Il recevra des instructions sur ce qu’il doit faire.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Donnez ordre au général Friant de partir avec la Vieille Garde<sup>[^4]</sup>, ses deux batteries d’artillerie, deux batteries de 12 et les batteries à cheval de la réserve de la Garde, à deux heures du matin, pour arriver demain de bonne heure à Reims. Le général Friant mènera avec lui les sapeurs et les marins de la Garde, avec des officiers du génie de la Garde, le général Blein<sup>[^5]</sup> ; et il y joindra deux compagnies de pontonniers et deux compagnies de sapeurs, avec les outils nécessaires et un équipage de pont de six bateaux. Toute l’artillerie devra ce soir parquer sur la route de Reims, ainsi que les voitures d’équipages militaires qui suivront le général Friant. Ils parqueront à une lieue de Soissons, sur la route de Reims, de manière que demain matin le général Friant trouve tout cela en colonne sur la route et n’ait aucun embarras. Il laissera ici tous les hommes éclopés.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Donnez ordre à l’équipage de pont, au parc d’artillerie et au reste du parc du génie, hormis deux compagnies de sapeurs qui seront laissées au duc de Trévise, de partir demain à cinq heures du matin pour se rendre à Fismes. Les pontonniers, canonniers et ouvriers du parc formeront une escorte ; il y sera joint toutefois deux bataillons de la Jeune Garde formant 1 000 hommes, que le général Drouot désignera, en attendant celui du 15<sup>e</sup> qui est reposé.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous donnerez ordre au général Neigre de compléter les approvisionnements de Soissons dans la nuit, et de laisser un chef de bataillon d’artillerie pour y commander.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La garnison de Soissons sera composée, 1<sup>o</sup> de deux bataillons de Jeune Garde que désignera le duc de Trévise ; 2<sup>o</sup> du bataillon de l’Aisne ; 3<sup>o</sup> de 60 éclopés de la Vieille Garde et de 3 ou 400 éclopés de la Jeune Garde, que le duc de Trévise y laisserait dans le cas où il serait obligé d’abandonner Soissons. De sorte qu’il y restera avec l’artillerie environ 1 500 hommes.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Les hommes éclopés de la Garde seront mis dans les cadres du bataillon de la Garde qui reste ici.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le général Neigre me rendra compte ce soir de tout l’armement et de l’approvisionnement qu’il laissera ici.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Donnez ordre au duc de Raguse, par un courrier extraordinaire, de partir demain, à six heures du matin, pour se rendre à Reims. Vous lui ferez connaître que je m’y porte par la route de Fismes. Le duc de Raguse mènera avec lui la division Defrance. Il laissera un corps d’observation au pont de Berry-au-Bac, et des postes de cavalerie aux différentes positions où il en avait aujourd’hui.<sup> [^6]</sup></p><p style="text-align: right; margin-top: 0.42cm">Napoléon</p> [^1]: <span></span> Pierre Colbert-Chabanais à la tête des lanciers rouges « <i>les écrevisses</i> » [^2]: Louis Michel Letort à la tête des dragons de la Garde. [^3]: Ici, Boyer de Rebeval. [^4]: <span></span> Il en commande la 1<sup>re</sup> division d’infanterie depuis février. [^5]: Le général de génie Ange Blein semble avoir été employé selon les besoins des divers corps engagés. [^6]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 21475, d’après l’original communiqué par le cabinet de Napoléon III.</body>