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CG15-38473.md| identifiant | CG15-38473.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1814/03/10 00:00 |
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| titre | Napoléon à Joseph, lieutenant général de l’Empereur |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38473. - </b>À Joseph, lieutenant général de l’Empereur</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Chavignon, 10
mars 1814</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon frère, j’ai reçu votre lettre
du 9. L’armée que j’ai battue à Craonne était l’armée
russe, commandée par Sacken réuni à Winzingerode. Ils ont
considérablement perdu et se sont retirés à Laon, où ils se sont
réunis aux corps de Bülow, d’York et de Kleist<sup>[^1]</sup>,
qui forment l’armée prussienne. La position de Laon leur étant
extrêmement favorable, je me suis contenté hier de les observer et
de les reconnaître. Cette armée est plus dangereuse pour Paris que
celle de Schwarzenberg. Toutefois je vais me rapprocher de Soissons
pour être plus près de Paris ; mais, jusqu’à ce que j’aie
pu engager cette armée dans une affaire qui la compromette de
nouveau, il est difficile que je me porte ailleurs.</p><p style="margin-bottom: 0cm">L’armée de Schwarzenberg est
diminuée par les détachements qu’elle a faits sur ses derrières,
et paraît craindre de se compromettre en passant la Seine<sup>[^2]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le duc de Raguse, qui marchait de
Berry-au-Bac sur Laon, est arrivé près de cette ville. Il avait
constamment poussé l’ennemi ; mais à la nuit, comme il
prenait position, il y a eu un hourra<sup>[^3]</sup>
de l’ennemi qui a mis du désordre dans son infanterie ; ses
soldats ont perdu la tête, et il a été obligé de se replier de
plusieurs lieues, un peu en désordre, en abandonnant plusieurs
pièces de canon. Ceci n’est qu’un accident de guerre, mais très
fâcheux dans un moment où j’avais besoin de bonheur. C’est ce
qui m’a déterminé à ne pas attaquer aujourd’hui, car j’avais
déjà pris mes dispositions pour engager vigoureusement l’ennemi,
quelle que fût la supériorité de son nombre.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je pense qu’il vous faut réunir les
ministres pour aviser aux moyens de lever 30 000 hommes dans
toute cette population qui se réfugie à Paris et dans tous les
ouvriers qui se trouvent sans ouvrage. Cette levée se ferait sous le
titre de la <i>levée en masse des gardes nationales</i>. Puisque
vous avez des fusils, cela doit être facile. Tous les ouvriers qui
ne savent que faire seront très bien placés. Cette mesure me paraît
indispensable. La garde nationale doit y concourir, puisque, par-là,
les propriétaires n’auront plus à craindre la révolte des
prolétaires, et les feront au contraire concourir à la défense de
la ville. Voyez ce qu’il est possible de faire là-dessus.<sup>[^4]</sup></p><p style="text-align: right; margin-top: 0.42cm"><i>Nap</i></p>
[^1]: Friedrich Kleist von Nollendorf, l’un des adjoints de Blücher.
[^2]: L’armée de Schwarzenberg est dans les faits bien affaiblie par ses revers successifs et ne menace plus sur Paris dans l’immédiat.
[^3]: Il s’agit d’un mouvement du général von Wartenbourg qui a surpris Marmont et qui a failli l’anéantir ; la catastrophe est évitée par deux détachements de la Garde impériale, néanmoins, il ne s’agit pas d’un hourra, comme veut le faire croire Napoléon.
[^4]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 12. [C 21460]</body> |
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