CG15-38460.md

identifiantCG15-38460.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1814/03/06 00:00
titreNapoléon au général Clarke, ministre de la Guerre
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38460. - </b>Au général Clarke, ministre de la Guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Berry-au-Bac, 6 mars 1814</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de Feltre, le duc de Bassano vous aura envoyé mes décrets relatifs aux 6 000 hommes de la levée en masse de la Marne et aux 6 000 hommes de la levée en masse de l’Aisne.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai envoyé à Reims un cadre de bataillon du 122<sup>e</sup>, qui était ici, et deux cadres de la Jeune Garde.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je donne ordre également qu’on envoie un cadre de la Jeune Garde à Château-Thierry ; j’en ferai laisser un à Laon ; il faudrait que vous envoyassiez sur-le-champ les autres.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Soissons va être reprise ; faites repartir sur-le-champ les canonniers qui en formaient la garnison, ainsi que les pièces qu’on en a retirées.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai envoyé un officier du génie pour mettre cette place en état. Envoyez-y pour commandant, non une ganache et un homme usé comme Moreau, mais un jeune homme, chef de bataillon ou colonel, qui ait sa fortune militaire à faire<sup>[^1]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le bataillon de la Vistule<sup>[^2]</sup>, joint aux deux bataillons de la levée en masse du département de Soissons, et les deux compagnies de canonniers sont suffisants pour garder cette place.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous aurez soin de prendre les mêmes mesures pour la Fère aussitôt que la Fère sera réoccupée.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous croyez vous autres à Paris que la France est perdue ; mais, quand on voit les dispositions des paysans et du peuple, on est loin de partager cette idée. On ne saurait être plus satisfait que je ne le suis de tous les paysans, qui ne demandent que vengeance et à courir aux armes.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’attends avec impatience le travail de la distribution des cadres entre tous les départements.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Si le duc de Tarente est malade, le duc de Reggio prendra le commandement et le général Sebastiani commandera le 11<sup>e</sup> corps.</p><p style="margin-bottom: 0cm">L’armée du prince royal de Suède, réunie à l’armée de Blücher, bat en retraite sur Laon : je les suis. Je verrai ensuite à manœuvrer sur Châlons, Vitry et Joinville, et à couper l’armée autrichienne ; ce qui la rappellera bien vite sur ses communications.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Faites, comme je vous l’ai dit, un très bon choix pour Soissons. Envoyez aussi quelques barils de poudre et tout ce qui est nécessaire pour faire sauter le pont en cas d’événement. Que le commandant ait ordre de requérir ce qui est nécessaire pour faire 20 000 sacs à terre et des gabions pour couvrir les canonniers. Soissons est un poste de la plus haute importance pour les ennemis qui veulent marcher sur Paris.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’espère que le duc de Tarente tiendra à Troyes ; c’est une excellente position ; et, si on veut se battre, l’ennemi n’est pas dans le cas de la forcer. Mais enfin, s’il prenait la ligne de la Seine, il doit la garder. Le pays n’offre plus aucune ressource, et il faudra dix jours à l’ennemi pour y amener ses magasins. D’ailleurs, travaillée comme elle l’est par l’armée de Lyon, et comme elle le sera par les mouvements que je vais faire, il est certain que l’armée autrichienne ne s’avancera point.<sup>[^3]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Le commandant François Antoine Christophe Gérard. [^2]: Le bataillon de la Vistule est ce qui reste de la Légion de la Vistule formée en 1807 avec les légions polonaises d’Italie. Ce seul bataillon dénommé régiment de la Vistule a été réorganisé après Leipzig avec les débris du corps de Poniatowski et de la division Dombrowski. [^3]: Copie d’expédition, S. H. D., Guerre, 17 C 329 (minute, Archives nationales, AF IV 906, mars 1814, n° 41). [C 21450]</body>