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CG15-38459.md| identifiant | CG15-38459.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1814/03/06 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Clarke, ministre de la Guerre |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38459. - </b>Au général Clarke, ministre de la Guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Berry-au-Bac,
6 mars 1814</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de Feltre, la relation
du général Moreau ne le justifie point. Ce n’était pas à lui à
raisonner ; puisqu’on lui avait donné l’ordre de tenir à
Soissons, il devait tenir. Il était trop évident que Soissons
n’était pas une place forte, mais seulement un poste militaire,
gardant le pont de l’Aisne, où il devait tenir jusqu’à la
dernière extrémité, comme on doit tenir gardant un défilé,
jusqu’à extinction. Pourquoi n’avait-on pas fait sauter le pont
de l’Aisne ? Son excuse ne peut être admise ; il fallait
soixante livres de poudre pour faire sauter ce pont, c’est-à-dire
la valeur de vingt gargousses. Ayant tout le temps nécessaire, il
pouvait donc le couper. J’avais ordonné qu’on le coupât et
qu’on en établît un provisoire pour maintenir la communication ;
j’avais ordonné qu’on brûlât les faubourgs et surtout les
auberges, qui nuisaient à la défense, comme il résultait du
rapport du général Verdun<sup>[^1]</sup>,
qui se justifiait de l’évacuation de la ville après la mort du
général Rusca<sup>[^2]</sup>.
Comment le Conseil de défense n’a-t-il pas vu, par les
propositions qu’on lui a accordées, que l’ennemi était dans une
situation extraordinaire, et qu’il attachait une importance de
circonstance à la possession de Soissons ? Enfin la question se
réduit à ceci : si le Conseil de défense avait su que l’Empereur
était à six lieues de Soissons et que de la défense de ce pont
dépendait le salut de l’ennemi, auraient-ils pu le garder jusqu’à
quatre heures du soir ? S’ils disent oui, ils se trouvent
jugés, un poste n’est qu’une machine de guerre qui doit jouer
tout son jeu. Comment est-il possible que de Soissons ils n’aient
pas entendu le canon le 2, et comment est-il possible, n’ayant été
cernés que le 2, qu’ils n’aient pas su le mouvement de
l’Empereur et le mouvement rétrograde de Blücher ? Ils
devaient aussi savoir que Blücher était engagé entre Meaux et
Soissons.<sup>[^3]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: Suite à la perte de Soissons une commission d’enquête a jugé que la ville avait été défendue au mieux des moyens en place.
[^2]: Les Russes, maîtres de Soissons, ont rendu les honneurs militaires, et funèbres au général Rusca tué le 14 février sur les remparts de la ville.
[^3]: Copie d’expédition, S. H. D., Guerre, 17 C 329 (minute, Archives nationales, AF IV 906, mars 1814, n° 41). [C 21451]</body> |
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