| identifiant | CG15-38443.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1814/03/05 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Clarke, ministre de la Guerre |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38443. - </b>Au général Clarke, ministre de la Guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Fismes, 5
mars 1814</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de Feltre, l’ennemi
était dans le plus grand embarras, et nous espérions aujourd’hui
recueillir le fruit de quelques jours de fatigues, lorsque la
trahison ou la bêtise du commandant de Soissons<sup>[^1]</sup>
leur a livré cette place. Le 3 à midi, il en est sorti avec les
honneurs de la guerre et a emmené quatre pièces de canon. Faites
arrêter ce misérable, ainsi que les membres du conseil de défense ;
faites-les traduire par-devant une commission militaire composée de
généraux, et, pour Dieu ! Faites en sorte qu’ils soient fusillés
dans les vingt-quatre heures sur la place de Grève. Il est temps de
faire des exemples. Que la sentence soit bien motivée, imprimée,
affichée, et envoyée partout.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’en suis réduit à jeter un pont de
chevalets<sup>[^2]</sup>
sur l’Aisne. Cela me fera perdre trente-six heures et me donne
toute espèce d’embarras.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je vous ai mandé qu’il serait
convenable d’envoyer beaucoup de gardes nationales dans nos places
du Nord. Je pense qu’il faut y envoyer celles de Meaux et celles
d’Orléans. Elles se formeront dans ces garnisons, s’y
habilleront, et deviendront de bonnes troupes, en y mettant des
officiers de la ligne qui se trouvent dans ces garnisons.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Composez-moi sur le papier une armée
active : 1<sup>e</sup> avec la garnison d’Anvers, en ne laissant
dans la place que les matelots, les ouvriers du port et de l’arsenal
et la garde nationale ; 2<sup>e</sup> avec le corps du général
Maison ; 3<sup>e</sup> avec toutes les garnisons des places de
Flandre, en n’y laissant que les gardes nationales urbaines et les
gardes nationales en activité. Vous y comprendrez également la
garnison d’Ostende. La garnison de Berg-op-Zoom<sup>[^3]</sup>
pourra y être réunie, à l’exception d’un millier d’hommes.
Je suppose que cela fera au moins 20 à 25 000 hommes. Le
général Maison pourra dégager Gorcum, en retirer la garnison en
abandonnant la place, et ensuite revenir sur la Meuse en en retirant
toutes les garnisons et n’y laissant que le tiers ou le quart des
hommes qui s’y trouvent. Avec une armée ainsi organisée il doit
voltiger et n’avoir aucune ligne d’opération, puisque chaque
place peut y suppléer. Il doit être tantôt à Anvers, tantôt à
Bruxelles, tantôt devant Condé et Tournay, et tantôt sur la Meuse.
Le mal qu’il fera à l’ennemi est incalculable. Réitérez-lui
tous vos ordres. Formez l’armée sur le papier ;
envoyez-le-lui, et faites-lui connaître mes intentions.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Donnez ordre que, dans les places, le
service se fasse à la turque, c’est-à-dire que les mêmes hommes
restent constamment chargés de la défense des mêmes postes et des
mêmes bastions, et y couchent comme dans une caserne. Avec cette
méthode, il ne faut pour garder une place que le quart des troupes
nécessaires par notre manière ordinaire.<sup>[^4]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: Jean-Claude Moreau.
[^2]: Technique employée lorsqu’on ne dispose pas de pont d’équipage et qui consiste à installer des supports dans le lit de la rivière pour y poser travure et tablier.
[^3]: Le 8 mars 1814 la ville, place forte du Brabant, assiégée est ouverte nuitamment aux Anglais par des villageois. 4 800 hommes d’élite envahissent la place mais sont tués ou faits prisonnier par les 2 700 combattants du général Bizanet.
[^4]: Copie d’expédition, S. H. D., Guerre, 17 C 329 (minute, Archives nationales, AF IV 906, mars 1814, n° 39). [LEC 1142]</body> |
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