CG15-38413.md

identifiantCG15-38413.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1814/03/02 00:00
titreNapoléon au général Savary, ministre de la Police générale
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38413. - </b>Au général Savary, ministre de la Police générale</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Jouarre, 2 mars 1814</h2><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai reçu votre lettre. J’ai vu avec surprise que M<sup>me</sup> de Montesquiou<sup>[^1]</sup> se soit oubliée au point d’avoir une scène avec l’Impératrice. Je suis plus surpris encore que, en homme de bon sens, vous n’ayez pas fait comprendre à M<sup>me</sup> de Montesquiou combien cela est inconvenant. Quoi que dise et fasse l’Impératrice, elle n’en est comptable envers qui que ce soit, et en cela je n’ai point reconnu l’attention de M<sup>me</sup> de Montesquiou à ne rien dire devant l’Impératrice qui pût lui déplaire. Si elle avait à se plaindre de la duchesse, elle n’avait qu’à la prendre aux cheveux. Mais le respect dû à l’impératrice est tel qu’on ne doit, devant elle, témoigner rien de son mécontentement. Vous devez par vos conseils intervenir de manière qu’on laisse l’Impératrice tranquille, et qu’on ne lui donne aucune espèce de chagrin. Certes c’est avoir eu peu le soin de me plaire, et bien peu le sentiment des convenances.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La duchesse de Padoue<sup>[^2]</sup> a eu tort de quitter Paris : étant dame du palais, elle devait rester auprès de l’Impératrice. Je ne conçois pas comment on a pu oublier les sentiments d’honneur à ce point. Quant à M<sup>me</sup> Anatole<sup>[^3]</sup>, elle était fort maîtresse de s’en aller. Mais si le public s’est amusé à faire des plaisanteries sur de jeunes et jolies femmes, il n’était permis à qui que ce soit d’en parler, qu’au tant qu’on eût relevé un propos en présence de l’Impératrice. Encore la bonne éducation et le sentiment des convenances veulent-ils qu’on montre son mécontentement par son chagrin et non par des réparties.<sup>[^4]</sup></p> [^1]: Sur les raisons de la querelle, voir plus haut lettre n° 38408, et dessous, n° 38430. [^2]: Anne-Rose-Zoé de Montesquiou-Fesenzac, épouse du duc de Padoue, Jean-Thomas Arrighi de Casanova depuis 1812. [^3]: Élodie de Montesquiou, épouse d’Anatole de Montesquiou (qui est aussi son cousin), aide de camp de l’empereur. Le bruit courait qu’elle avait été mise à mal par des Cosaques. [^4]: Minute, Archives nationales, AF IV 906, mars 1814, n° 14. [LEC 1140] [BRO 1335]</body>