CG15-38410.md

identifiantCG15-38410.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1814/03/02 00:00
titreNapoléon au maréchal Marmont, commandant le 6e corps de la grande armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38410. - </b>Au maréchal Marmont, commandant le 6<sup>e </sup>corps de la grande armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">La Ferté-sous-Jouarre, 2 mars 1814, à 2 h. après-midi</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon cousin, votre aide de camp est arrivé. J’aurais voulu qu’il m’apportât une relation circonstanciée de ce qui vous est arrivé depuis votre départ de Sézanne, et surtout des combats où vous avez repoussé l’ennemi. Envoyez-moi ce rapport sans délai ainsi que la situation de vos troupes. Vous y comprendrez dans une note particulière ce qui vous est annoncé de Paris et n’est pas encore arrivé.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Mes troupes étant extrêmement fatiguées, je suis obligé de les rallier. Je profite de cette journée pour faire rétablir le pont de La Ferté. J’espère qu’on y passera ce soir. Des bagages de l’ennemi ont passé par Château-Thierry et Montmirail, d’autres par Montreuil et Gandelu. Je désirerais me porter sur Châlons, menaçant de tourner Reims, qui paraît le centre de leurs opérations, tomber sur leurs magasins et hôpitaux et éloigner la guerre de Paris, opérations qui influeraient aussi sur l’armée autrichienne, qui est à Chaumont et près Bar-sur-Aube. Toutefois, pour pouvoir entreprendre cette opération, il faudrait que l’ennemi ne fût pas aussi menaçant du côté de La Ferté-Milon ; mais je suppose qu’il aura déjà dessiné son mouvement à vos yeux sur Reims. Par des lettres interceptées des partisans Lützow<sup>[^1]</sup>, Tettenborn et Benckendorf<sup>[^2]</sup>, qui sont à Château-Thierry, Montmirail et Épernay, il paraît que ceux-ci avaient grand’peur que je me portasse sur Épernay et Châlons, ce mouvement leur paraissant compromettre tout le corps de Blücher. Vous voyez donc combien j’ai besoin de connaître vos rapports ; ceux du duc de Trévise, la situation de l’un et de l’autre, et comment l’ennemi décide son mouvement. Si mes troupes avaient été en état de marcher, je n’aurais été aujourd’hui qu’à Meaux, au lieu que demain, si cela est nécessaire je pourrai marcher directement sur La Ferté-Milon en menaçant les communications de La Ferté-Milon à Reims. Un équipage de pontons part aujourd’hui de Paris. Que de choses j’aurais faites si je l’avais eu plutôt !<sup>[^3]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><br/> <br/> </h3><p style="text-align: right; margin-bottom: 0cm">L’Empereur montant à cheval m’a ordonné d’expédier cette lettre sans sa signature.</p><p style="text-align: right; margin-bottom: 0cm">Baron Fain</p><p style="margin-bottom: 0cm"><br/> </p> [^1]: Adolf von Lützow, commandant de corps francs prussiens. [^2]: Le colonel russe Constantin Benckendorff, frère du général Alexandre Benckendorff [^3]: <span></span> Copie d’expédition établie sur l’original vendu en 1853 par la librairie Charavay, S. H. D., Guerre, 17 C 94. Extrait [catalogue de vente], Piasa, Thierry Bodin expert, <i>Pages d’histoire, lettres et manuscrits autographes, documents historiques</i>, Drouot, 13 février 2009, n° 370.</body>