CG15-38408.md

identifiantCG15-38408.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1814/03/02 00:00
titreNapoléon à Marie-Louise, impératrice
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38408. - </b>À Marie-Louise, impératrice</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Jouarre, 2 mars 1814, à midi</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Ma bonne amie, je reçois ta lettre du 1<sup>er</sup> mars. J’ai appris avec peine que M<sup>me</sup> Montesquiou<sup>[^1]</sup> avait fait une scène qui t’avais déplu<sup>[^2]</sup> ; c’est un oubli de sa part. Elle est si bonne pour le petit roi que tu l’oublieras et seras toujours bonne pour elle. Ce que l’on dit de M<sup>me</sup> Anatole est bien méchant<sup>[^3]</sup> ; de pareilles propos sont infâmes, parce qu’il n’en faut pas davantage pour rendre ridicule et méprisable de bonnes et intéressantes personnes qui sont très vertueuses et à qui l’on n’a rien à reprocher. La duchesse, qui est si honnête, doit être la première à repousser de pareille méchanceté qui ont tant d’influence sur le bonheur des femmes. Il faudrait mieux donner un coup de couteau à ces jeunes personnes que d’accréditer des bruits qui les déshonorent et les rendent ridicules et dégoûtantes.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il a bien plu hier [...]. Je crois qu’il est inutile que tu donnes les entrées à M<sup>me</sup> la duchesse de Rovigo<sup>[^4]</sup>. Écris à ton père et recommande-lui d’être un peu pour nous, de ne pas écouter seulement les Russes et les Anglais. L’ennemi se retire sur La Ferté-Milon<sup>[^5]</sup>. Ma santé est bonne. Adieu, mon amie.<sup>[^6]</sup></p><p style="text-align: right; margin-top: 0.42cm">Nap</p> [^1]: Louis-Charlotte Le Tellier de Courtanveaux, épouse de Pierre de Montesquiou-Fezensac, surnommée « Maman Quiou » par le roi de Rome dont elle est la gouvernante. [^2]: Voir ci-dessus, n° 38413, 38430. [^3]: Élodie de Montesquiou, épouse d’Anatole de Montesquiou (qui est aussi son cousin), aide de camp de l’empereur. Le bruit courait qu’elle avait été mise à mal par des Cosaques. [^4]: Félicité de Faudoas-Barbazan de Seguenville, ancienne protégée de Joséphine de Beauharnais. [^5]: Napoléon fait ici allusion à Blücher, obligé de se replier sur Soissons, alors occupée par les troupes françaises. [^6]: <span></span> Expédition autographe, Bibliothèque nationale de France, N.A.F. 12487 III, publiée par Louis Madelin, <i>Lettres inédites de Napoléon à Marie-Louise, écrites de 1810 à 1814</i>, Paris, BnF, 1935, p. 212, n° 273.</body>