CG15-38371.md

identifiantCG15-38371.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1814/02/27 00:00
titreNapoléon au maréchal Berthier, major général de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38371. - </b>Au maréchal Berthier, major général de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Troyes, 27 février 1814, neuf heures du matin</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Donnez ordre au général Nansouty de se rendre à Arcis-sur-Aube avec les 2<sup>e</sup> et 3<sup>e</sup> divisions de cavalerie de la Vieille Garde ; au général Friant de se rendre à Arcis-sur-Aube avec la division de la Vieille Garde ; au général Dulauloy de s’y rendre également avec deux batteries de 12 et quatre batteries d’artillerie à cheval, ce qui fera six batteries avec la Vieille Garde, ou quarante bouches à feu.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Donnez ordre au général du génie de faire partir sur-le-champ une partie de ses pontonniers, sapeurs et officiers du génie pour Arcis-sur-Aube, pour suivre le mouvement de la Vieille Garde.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Mon quartier général sera aujourd’hui à Arcis-sur-Aube. Faites connaître au général Macdonald le mouvement que je fais sur Arcis-sur-Aube, et que Blücher, York et Winzingerode et autres marchent sur La Ferté-Gaucher. Je vais tomber sur leurs derrières. Faites-lui connaître que mon intention est qu’il fasse partir sur-le-champ 500 chevaux et l’une de ses brigades d’infanterie avec un bon général pour prendre position à Troyes, pour y garder les parcs et le Grand Quartier général. Il n’est pas besoin qu’il y envoie d’artillerie ; il y en a assez à Troyes.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Faites connaître au général Sorbier qu’il restera à Troyes pour y prendre le commandement de la ville et veiller à la défense des parcs ; qu’il établira des postes et du canon à tous les ponts, à toutes les portes ; que je donne ordre au duc de Tarente d’envoyer ici 500 chevaux et une brigade d’infanterie. Toutes ces troupes seront sous ses ordres.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Faites connaître au duc de Tarente que, comme le plus ancien, il aura le commandement des troupes du corps du duc de Reggio et du général Gérard, de la cavalerie du comte de Valmy et du général Milhaud ; qu’il prenne une bonne position en arrière, sur l’Aube, en occupant Bar-sur-Aube par une bonne arrière-garde ; qu’il soit prêt à faire sauter le pont de Dolancourt ; mais il ne faut pas le faire sauter sans nécessité, pour ne pas donner l’éveil à l’ennemi ; que l’ennemi a tout préparé pour faire sauter le pont de Dienville ; qu’il n’aura qu’à présenter quelque cavalerie pour décider l’ennemi à le faire sauter ; qu’il faut qu’il fasse toutes les dispositions pour faire croire que je suis sur la ligne ; que, dans le cas où il serait en présence de l’ennemi, il y fasse crier : <i>Vive l’Empereur !</i> qu’il corresponde tous les jours avec moi par Troyes ; qu’il ne fasse rien qui puisse donner à croire à l’ennemi qu’il est sur la défensive, car j’espère être de retour sous trois jours.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Faites connaître au général Sorbier qu’aussitôt qu’il aura les 500 hommes de cavalerie il fasse observer le pont de Lesmont et celui de Dienville, ainsi que la route d’ici à Arcis-sur-Aube.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Écrivez la même chose au duc de Reggio. Recommandez-lui surtout de garder le plus profond silence sur mon mouvement ; qu’on fasse faire mon logement en arrière de Bar ; qu’on répande le bruit de mon arrivée parmi les soldats et les habitants pour demain.<sup>[^1]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 21393, d’après l’original communiqué par le cabinet de Napoléon III (minute, Archives nationales, AF IV 906, février 1814, n° 320).</body>