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CG15-38362.md| identifiant | CG15-38362.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1814/02/26 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Savary, ministre de la Police générale |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38362. - </b>Au général Savary, ministre de la Police générale</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Troyes, 26 février 1814</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Dans un journal du 25,
je trouve un bon article : c’est une lettre d’une mère de
famille de Bray. Mais il fallait nommer cette femme, car, à défaut
de son nom, je crois que c’est une lettre que le rédacteur a
imaginée. Mais pourquoi donc ne pas citer cinq cent mille traits de
cette espèce ? Maîtres de postes, procureurs généraux,
juges, maires, notaires, tout cela est indigné et tout cela écrit.
C’est à la police de les réunir et de les publier. Je lis dans le
<i>Journal de Paris</i> un article d’Auxi-le-Château<sup>[^1]</sup> :
cet article ne veut rien dire. Pourquoi donc avez-vous la tête si
dure ? Pourquoi ne vouloir pas me comprendre ? Ce n’est
pas des extraits de lettres qu’il faut imprimer, mais des lettres
tout entières avec le nom de la personne qui écrit et celui de la
personne à qui la lettre est adressée. Quel est le nom du général
dont il est fait mention dans cet article, et pourquoi ne l’avoir
pas cité ? J’ai écrit au ministre de l’Intérieur sur tout
cela. Il vous communiquera ma lettre. Toutes les fois qu’on se
bornera à des extraits, à faire des tableaux, le public n’y
croira pas. Mais, quand on se contentera de choses dites simplement,
on le persuadera. S’il y a des fautes de français, laissez-les ;
qu’on voie que c’est la vérité tout entière et toute nue que
l’on donne au public. Tâchez de ramasser des lettres dans ce que
l’on appelle le faubourg Saint-Germain. L’homme d’affaires de
Labriffe<sup>[^2]</sup>,
qui est à Arcis-sur-Aube, aura sans doute écrit et mandé des
nouvelles de ce qu’il aura vu ; recueillez-en qui soient
adressées à des personnes de ma Maison comme à d’autres qui n’en
sont pas. Lorsque vous aurez recueilli trois ou quatre cents lettres,
que vous les aurez publiées avec les noms, cela fera un bon effet,
car alors tout le monde pourra s’assurer que ces lettres sont
vraies. Des gens du faubourg Saint-Germain questionneront ceux des
autres faubourgs, et on y croira. On aura par-là produit un immense
bien.<sup>[^3]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: Dans le Pas-de-Calais.
[^2]: Pierre Arnauld de La Briffe, ancien seigneur d’Arcis-sur-Aube, chambellan de Napoléon.
[^3]: Minute, Archives nationales, AF IV 906, février 1814, n° 298. [C 21376]</body> |
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