| identifiant | CG15-38358.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1814/02/26 00:00 |
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| titre | Napoléon à Montalivet, ministre de l’Intérieur |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38358. - </b>À Montalivet, ministre de l’Intérieur</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Troyes, 26 février 1814</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le comte
Montalivet, je ne puis être plus mécontent que je le suis du peu
que l’on fait pour l’esprit public.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Ce n’est pas par des
vers, des odes qu’on peut parvenir à l’animer, mais bien par des
faits et des détails simples et vrais. C’est une chose bien simple
à comprendre. Je ne veux pas qu’on fasse des articles à Paris ;
je ne veux pas que l’on trompe le public, mais seulement qu’on
mette la conduite des ennemis sous les yeux de tous. Ces articles ne
sont pas seulement bons pour Paris, mais pour Amiens, Lille, Arras et
tout l’Empire. Le ministre des Cultes doit demander des lettres aux
évêques, aux chanoines, aux curés ; le ministre de
l’Intérieur, aux préfets, aux maires ; le ministre des
Finances, à ceux de ses employés qui sont restés pendant le séjour
de l’ennemi ; l’administration des postes, aux directeurs
des postes, aux maîtres des postes ; le grand juge, aux
procureurs impériaux, aux juges, aux juges de paix, aux notaires,
etc. Qu’on leur demande ce qu’ils savent, ce qu’ils ont vu ;
qu’on se garde d’en faire des tableaux, mais qu’on imprime ces
lettres à mesure qu’on les recevra. Il faut que les villes qui ont
été occupées par les ennemis envoient des députés à Paris pour
y faire le récit de ce qu’ils ont vu et appris, de ce qui s’est
passé chez eux ; il faut qu’il y ait là des écrivains pour
recueillir ce qu’ils diront. Il faut en général désigner tous
les noms. L’ensemble de tous ces faits produira la rage et
l’indignation. C’est alors que chacun sentira la nécessité de
courir à sa défense plutôt que de voir sa femme ou sa fille
violée, que d’être accablé de coups de bâton, que d’être
pillé, volé et accablé de tous les genres d’outrages. Mais je ne
suis plus obéi. Vous avez tous plus d’esprit que moi, et sans
cesse on m’oppose de la résistance en m’objectant des <i>mais</i>,
des <i>si</i>, des <i>car</i>. Maintenant le moment est presque
manqué ; il aurait fallu publier ces articles sur-le-champ.
Qu’on nomme tout le monde indistinctement. Qu’on cite le prince
de Wurtemberg<sup>[^1]</sup>,
qui s’est si mal conduit ; qu’on lève tous les masques ;
qu’on cite même ce que les souverains ont dit. Je ne puis écrire
à tous mes ministres, cette lettre doit leur être commune. La
France serait déjà tout entière sous les armes sans la
pusillanimité des ministres, qui craignent toujours de mettre en
avant l’administration. La police doit tous les jours ramasser des
quantités de lettres écrites de toutes les parties de la France,
des lettres écrites par des bourgeois, des anciens seigneurs, des
hommes d’affaires : qu’elle les fasse imprimer, qu’on
mette tous les noms, et qu’on ne cache rien au public.<sup>[^2]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: Guillaume (Wilhelm), prince royal de Wurtemberg. Il est le frère de Catherine, épouse de Jérôme Bonaparte.
[^2]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 21375, d’après la copie communiquée par la comtesse Mollien (minute, Archives nationales, AF IV 906, février 1814, fol. 295). </body> |
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