CG15-38342.md

identifiantCG15-38342.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1814/02/26 00:00
titreNapoléon au général Clarke, ministre de la Guerre
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38342. - </b>Au général Clarke, ministre de la Guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Troyes, 26 février 1814</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de Feltre, le général Allix<sup>[^1]</sup> a dû vous informer de son entrée à Auxerre. Nous avons communiqué avec Châtillon-sur-Seine ; la garnison autrichienne en est partie. Je donne le commandement de la ville au maire, et je le charge d’organiser la garde nationale, qui y fera le service, mon intention étant de n’y point envoyer de troupes de ligne.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Les départements qui ont été envahis par l’ennemi sont pleins de zèle. Si on avait des fusils, on les ferait facilement marcher en masse. Je viens de prendre un décret pour qu’il soit levé 3 000 hommes dans chacun des départements de l’Aube, de l’Yonne et de Seine-et-Marne. Ces hommes se réuniront à Meaux, à Troyes et à Auxerre. Vous enverrez dans chacune de ces villes six cadres de bataillon. Chaque cadre sera complété à 500 hommes. Les départements fourniront le plus d’hommes armés qu’il sera possible. Ces hommes seront appelés <i>gardes nationaux des contingents de la levée en masse</i>, et ils ne seront tenus de servir qu’aussi longtemps que l’ennemi sera en deçà du Rhin.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous ne devez pas être en peine de fournir les dix-huit cadres de bataillon. Si vous n’avez pas à Paris ce qui est nécessaire, le duc de Raguse peut très bien fournir six cadres pour Meaux et le duc de Tarente six cadres pour Auxerre ; vous n’en auriez plus que six à diriger sur Troyes. Nous aurons là de bonnes troupes. Rien n’était plus mal imaginé que nos gardes nationaux avec des cadres détestables, tandis que nous avons des cadres qui n’ont pas de soldats.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Mandez aux préfets qu’il convient qu’ils ouvrent des souscriptions volontaires pour aider à l’habillement. Ces souscriptions peuvent être faites soit par les départements, soit par les communes, soit par les particuliers.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Écrivez aussi pour que ces mesures soient étendues aux départements de la Drôme, de l’Isère, du Mont-Blanc, de la Côte-d’Or et à tous les départements, au fur et à mesure qu’ils sont évacués par l’ennemi. Nous avons en France beaucoup de cadres, lesquels, par ce moyen, pourront être remplis.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il faudrait essayer si les 2 000 gardes nationaux qui sont à Meaux pourraient entrer dans le corps du duc de Raguse de la même manière et aux mêmes conditions.<sup>[^2]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Allix de Veaux est promu général de division le même jour en récompense de son action dans la forêt de Fontainebleau et ses succès à Nemours. [^2]: <span></span> Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 329 (minute, Archives nationales, AF IV 906, février 1814, fol. 306). Extrait [catalogue de vente], étude Gros et Delettrez, Cabinet d’expertise Valleriaux,<i> Succession Eugène Rossignol,</i> Drouot, 22-23 mai 1997, n° 580. [C 21381]</body>