CG15-0227S.md

identifiantCG15-0227S.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1797/05/20 00:00
titreNapoléon au général Baraguey d’Hilliers, gouverneur de Vénise
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CGS-15</i> - 227.S - </b>Au général Baraguey d’Hilliers[^1], gouverneur de Vénise</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Milan, 1<sup>er</sup> prairial an V [20 mai 1797]</h2><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Je vous félicite, citoyen général, pour votre entrée dans la ville de Venise.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Je vous avais bien recommandé de ne rien faire imprimer en votre nom et de ne faire aucune part dans un objet aussi sensible. Il fallait se contenter d'empêcher que rien ne sortît du port. L'entrée de votre proclamation, par exemple, qui regarde le duc de Modène, est [indéfendable].</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Je donne l'ordre au citoyen Haller[^2] de se rendre sur-le-champ à Venise[^3], afin de chercher à concilier ce qui regarde l'arrêté que vous avez pris relativement à la confiscation des Anglais, avec mon projet ultérieur sur Venise. Je vous prie donc d'agir de concert avec lui sur un objet aussi essentiel et de lui procurer toute l'assistance dont il pourrait avoir besoin.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Je vous réitère la défense de rien imprimer dans Venise, et de ne prendre aucune mesure sans me l'avoir d'abord soumise ; dans une circonstance aussi compliquée que celle-ci, où les mots même seront pesés dans toutes les cours de l'Europe, il est essentiel qu'aucune opération ne soit hasardée et que tout tende au but d'un système général. Étudiez tous les moyens, et préparez-moi les pour procurer des réponses à la République. Maintenez une grande discipline parmi vos troupes, étudiez-vous bien à être maître du local et à approvisionner tous les forts qui en peuvent avoir besoin, afin que dans toutes les circonstances, vous ne puissiez être forcé.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Servez-vous des armes et autres moyens qui sont à Venise, pour armer et équiper parfaitement votre division.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Choisissez, en vous concertant avec les officiers de marine qui doivent vous avoir joint dans ce moment-ci, trois vaisseaux de guerre, des meilleurs, et quatre frégates, et envoyez-moi s'en l'état.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Vous devez avoir reçu la 99<sup>e</sup> demi-brigade, ainsi que le 58<sup>e</sup>, ce qui doit porter votre division à 6 000 hommes, force que j'estime nécessaire pour que vous puissiez tenir Venise.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Assurez-vous de tous les moyens de maintenir une bonne police et punissez sévèrement les français qui sortiraient des bornes de la décence et de l'honnêteté.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Tâchez de vous emparer de toutes les correspondances qui peuvent être adressées à l'ancien gouvernement.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Conservez-vous une influence sur le nouveau gouvernement et accoutumez-le à ne prendre aucune mesure sans vous l'avoir communiquée, et instruisez-moi tous les jours de ce qu'on dit.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Mon intention secrète, et que pour cette raison vous ne devez laisser entrevoir à personne, est qu'il ne soit porté pour l'instant aucune espèce de changement à l'organisation de la terre ferme, qui se trouve isolée en autant de gouvernements qu'il y a de villes. Si donc la municipalité de Venise veut faire quel qu’aspiration pour la centralisation du gouvernement, vous devez toujours vous y opposer, disant qu'il faut m'envoyer des députés pour se concerter avec moi.[^4]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3><p style="text-align: left; margin-top: 0cm; margin-bottom: 0.35cm; line-height: 115%"> <br/> <br/> </p> [^1]: Louis Baraguey d’Hilliers (1764-1813), général de brigade (1793), destitué en Vendémiaire, réintégré un mois plus tard, il passe à l’armée d’Italie en mai 1796. Général de division (10 mars 1797), il occupe Venise en mai 1797. [^2]: Emmanuel de Haller (1745-1800), banquier suisse, deuxième fils du naturaliste Albert de Haller, administrateur des Finances à l’armée d’Italie. [^3]: <span></span>Voir<i>Correspondance générale</i>, n° 1566. [^4]: <span></span>Expédition [site internet de vente], Alexander Historical Auctions,<i>Historic Militaria and Autographes</i>, part 1 et 2, 21 juillet 2011, n° 693.</body>