CG15-38318.md

identifiantCG15-38318.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1814/02/24 00:00
titreNapoléon à Montalivet, ministre de l’Intérieur
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38318. - </b>À Montalivet, ministre de l’Intérieur</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bourg des Noës, à Troyes, 24 février 1814</h2><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai reçu votre lettre. Si les Français étaient aussi méprisables que vous le supposez, je rougirais de honte. Vous et le ministre de la Police vous ne connaissez pas plus la France que je ne connais la Chine. Mon intention est que les communications des communes aient lieu avec Paris, comme je l’ai ordonné. Les députés causeront là comme dans un grand café. Ils diront tout ce qui s’est passé chez eux. Cela se passera sans apparat. Ce sont des faubourgs et des petites villes qui viennent dire à la grande ville ce qu’ils ont souffert et les malheurs qu’on lui réserve.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’approuve que la garde nationale ne soit pas doublée. Mon intention est que le contingent des gardes nationales qui ont éprouvé des pertes à Soissons soit complété ; mais ils ne doivent pas être habillés aux frais de leur département. Ils recevront leur habillement des magasins de Paris. Prenez des mesures pour faire revenir les gardes nationaux qui ont déserté.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous découragez le Roi par des peintures et des tableaux exagérés que son caractère est déjà trop porté à se faire. Tous les faits isolés se détruisent les uns après les autres, et jamais il ne faut en faire un tableau. Orléans était menacé hier, aujourd’hui Platov est tourné et va arriver nez à nez avec mes troupes à Bar-sur-Seine, d’où peut-être il aura peine à échapper. Ainsi, d’un moment à l’autre, toutes les alarmes disparaîtront.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Écrivez en Bourgogne pour qu’on y lève la conscription de 1815 et qu’on l’envoie à Paris.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je vais entrer à Troyes. Une heure après mon entrée, si le préfet n’y est pas, je le destitue<sup>[^1]</sup>. Je suis fâché que ce soit un Caffarelli, mais il s’est lâchement comporté.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai chargé le général Vincent de commander les gardes nationales de Château-Thierry et de tous les environs. Il faut qu’il nomme partout leurs officiers.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Ayez soin que toutes les relations des députés des communes soient imprimées et placardées. On peut employer cette forme : « Tel jour est arrivée à Paris une députation de composée de MM. tel et tel, qui ont demandé à parler à la commune de Paris. Le préfet ayant réuni les maires et le conseil municipal, les députés ont dit ce qui suit. » On ajoutera à leurs discours ce qu’ils auront dit dans la conversation. Ayez bien soin que cela soit mis dans les petits journaux, et que cela soit également placardé dans les grandes villes comme Rouen, Bordeaux, etc. Le préfet répondra des choses qui puissent être lues par l’ennemi : par exemple, que la population redouble d’énergie ; que la connaissance qu’elle a des intentions de l’ennemi porte tous les habitants à courir aux armes ; que jamais ils ne laisseront entrer l’ennemi dans la ville commune, etc.<sup>[^2]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Menace mise à exécution, le jour même. [^2]: Minute, Archives nationales, AF IV 906, février 1814, n° 280. [C 21358].</body>