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CG15-38316.md| identifiant | CG15-38316.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1814/02/24 00:00 |
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| titre | Napoléon à Joseph, lieutenant général de l’Empereur |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38316. - </b>À Joseph, lieutenant général de l’Empereur</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bourg des Noës à Troyes, 24 février 1814,
sept heures du matin</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon frère, je suis
entré à Troyes. L’armée ennemie m’assiège de parlementaires
pour demander une suspension d’armes ; on va peut-être en
négocier une ce matin, mais ce ne pourra être qu’autant que les
négociations de Châtillon seront suivies sur les bases de Francfort
J’aurais ce soir tous mes corps à Chatillon-sur-Seine. J’ai eu
plusieurs affaires de cavalerie. J’ai fait 2 000 prisonniers
et pris huit pièces de canon. J’écris à l’Impératrice de
faire tirer 30 coups de canon, tant pour ces petits événements
que pour la délivrance de la capitale de la Champagne. Je serais
entré hier soir à Troyes ; mais il aurait fallu sacrifier la
ville, l’ennemi voulant la tenir pour déblayer ses embarras. Si
j’avais eu vingt nacelles pour passer la Seine où j’aurais
voulu, il n’y aurait plus d’armée autrichienne. Quoi qu’il en
soit, la terreur est dans les rangs ennemis. Il y a peu de temps, ils
croyaient que je n’avais pas d’armée ; aujourd’hui il
n’est rien où leur imagination s’arrête : 3 ou
400 000 hommes ne leur suffisent pas. Ils croyaient naguère
que je n’avais que des recrues ; ils disent aujourd’hui que
j’ai réuni tous mes vétérans et que je ne leur oppose que des
armées d’élite, que l’armée française est meilleure que
jamais, etc. Voilà ce que c’est que la terreur. Il est nécessaire
que les journaux de Paris soient dans le sens de leurs craintes. Les
journaux ne sont pas l’histoire, pas plus que les bulletins ne sont
l’histoire. On doit toujours faire croire à son ennemi qu’on a
des forces immenses.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je n’approuve pas les
observations qui ont été faites sur les communications des communes
avec Paris. Mon intention est qu’elles aient lieu comme je l’ai
ordonné. Le ministre de l’Intérieur est un trembleur. Il a une
idée folle des hommes. Ni lui ni le ministre de la Police n’ont
pas plus d’idée de la France que je n’en ai de la Chine. Il faut
que lorsque les députés des communes font leurs récits, le préfet
laisse venir tous les notables, pour les entendre. Ceci n’est pas
un spectacle d’apparat ni d’imposture. L’ennemi a commis tant
d’horreurs que toute la France en sera indignée. Ici, sur les
lieux, les plus modérés n’en parlent qu’avec fureur. Si les
Français étaient aussi méprisables qu’ils le sont dans l’opinion
du ministre de l’Intérieur, je rougirais moi-même d’être
Français !</p><p style="margin-bottom: 0cm">Quant à l’idée de
doubler la garde nationale, je me rends à vos observations, d’autant
plus que je ne vois aucune nécessité à cette mesure.</p><p style="margin-bottom: 0cm"><br/>
</p><p style="margin-bottom: 0cm">L’Empereur, montant à
cheval pour se rendre à Troyes, m’ordonne de faire partir cette
lettre sans sa signature.<sup>[^1]</sup></p><p style="text-align: right; margin-top: 0.42cm"><i>Le secrétaire du
cabinet, Baron Fain</i></p>
[^1]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 12. [C 21360]</body> |
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