CG15-38231.md

identifiantCG15-38231.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1814/02/19 00:00
titreNapoléon à Joseph, lieutenant général de l’Empereur
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38231. - </b>À Joseph, lieutenant général de l’Empereur</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Château de Surville, 19 février 1814, neuf heures du soir</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon frère, il nous a fallu toute la journée pour passer cet horrible défilé de Montereau.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je viens de faire jeter un pont sur la Seine et un pont sur l’Yonne. Le général Roussel avec sa cavalerie et le général Gérard avec le 2<sup>e</sup> corps sont arrivés à Pont-sur-Yonne. Le général Allix s’est rendu sur Nemours ; le général Charpentier est arrivé à Montereau. Je suppose que le général Boyer<sup>[^1]</sup> sera ce soir, avec la division de la Garde, à Melun, et qu’il aura une brigade à Fontainebleau. Mon avant-garde est à Bray. L’empereur de Russie et le roi de Prusse étaient à Bray. Aussitôt qu’ils ont su que j’avais forcé le pont de Montereau, ils ont fui en toute hâte. La terreur est dans l’armée ennemie.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Les trois souverains ont été quelques jours à Pont<sup>[^2]</sup>, chez Madame. Ils comptaient arriver demain à Fontainebleau et sous très peu de jours à Paris. Tout ce qui arrive leur paraît inconcevable. Nous avons aujourd’hui de la neige et un temps assez dur. J’envoie à l’Impératrice une notice pour <i>le Moniteur</i><sup>[^3]</sup> ; mais vous pouvez faire mettre dans <i>le Moniteur </i>et dans les petits journaux, sous la rubrique de Provins, un article sur la précipitation avec laquelle les souverains ont quitté Bray. Les Autrichiens ont garanti mon palais de Fontainebleau du pillage des Cosaques. On a pris plusieurs convois de bagages et de voitures qui filaient sur Bray. On a pris quelques centaines de Cosaques dans la forêt de Fontainebleau. Demain mes avant-postes seront à Bray.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Tâchez de prendre des mesures pour activer les fournitures de chevaux d’artillerie. Il faut que l’on confectionne aussi des munitions d’artillerie avec plus d’activité. On n’a encore que 40 000 coups de canon à Vincennes. Qu’est-ce que cela, si je donne une grande bataille, j’en consommerai 80 à 100 000.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le duc de Raguse est à Montmirail ; le duc de Trévise à Villers-Cotterêts ; le général Grouchy est encore aujourd’hui à La Ferté-sous-Jouarre avec 6 à 7 000 hommes. Le duc de Castiglione doit avoir aujourd’hui 15 000 hommes de troupes ; je compte qu’il va se mettre en marche. Dites au ministre de lui écrire encore. Il peut faire bien du mal à l’ennemi.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je ne puis pas être plus content que je ne le suis de l’esprit que montrent toutes les villes et toutes les campagnes et de celui qui anime tout le monde.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je regrette beaucoup la blessure du général Chataux ; c’était un officier d’espérance. On me disait ce matin qu’il en mourrait, mais ce soir on m’assure qu’il n’en mourra pas<sup>[^4]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je ne suis pas content du général Maison ; il ne montre pas les talents que je lui supposais. Je lui fais donner ordre de ramasser les garnisons des places de Flandre, pour se porter sur Anvers et rentrer en campagne.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napole</i></h3> [^1]: Boyer de Rebeval. [^2]: Pont-sur-Seine. [^3]: <span></span> Ce bulletin paraît dans <i>le Moniteur</i> du 21 février. [^4]: Ce sera malheureusement le cas. [^5]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 12 (minute, Archives nationales, AF IV 906, février 1814, fol. 216). [C 21318]</body>