CG15-38212.md

identifiantCG15-38212.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1814/02/19 00:00
titreNapoléon au général Caulaincourt, ministre plénipotentiaire de l’Empereur au congrès de Chatillon
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38212. - </b>Au général Caulaincourt, ministre plénipotentiaire de l’Empereur au congrès de Chatillon</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Château de Surville, 19 février 1814</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de Vicence, je vois par vos lettres du 17, que m’apporte le sieur de Rumigny<sup>[^1]</sup>, et dont j’avais reçu les duplicata douze heures auparavant par les avant-postes, que vous êtes dans une position et pour ainsi dire dans une zone qui vous empêche de connaître la véritable position de mes affaires. Tout est faux dans ce qu’on vous dit. Les Autrichiens ont été battus en Italie, et, bien loin d’être à Meaux, je serai bientôt à Châtillon. Dans cette situation, je dois vous réitérer mes ordres de ne rien faire sans m’avoir rendu compte et sans que je vous aie fait connaître mes intentions. Je vous considère comme en charte privée, ne sachant rien de mes affaires, et influencé par des impostures.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Aussitôt que je serai à Troyes, je vous enverrai le contre-projet que vous aurez à donner. Je rends grâce au ciel d’avoir cette note ; car il n’y aura pas un Français dont elle ne fasse bouillir le sang d’indignation. C’est pour cela que je veux faire moi-même mon <i>ultimatum</i>. Je préférerais cent fois la perte de Paris au déshonneur et à l’anéantissement de la France.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je suis mécontent que vous n’ayez pas fait connaître dans une note que la France, pour être aussi forte qu’elle l’était en 1788, doit avoir ses limites naturelles en compensation du partage de la Pologne, de la destruction du clergé d’Allemagne et des grandes acquisitions faites par l’Angleterre en Asie. Dites que vous attendez des ordres de votre gouvernement, et qu’il est tout simple qu’on vous les fasse attendre, puisqu’on force vos courriers à faire des détours de soixante et douze heures, et qu’il vous en manque déjà trois. J’ai ordonné l’arrestation des courriers anglais. Je suis si ému de l’infâme proposition que vous m’envoyez, que je me crois déshonoré, rien que de m’être mis dans le cas qu’on vous l’ait proposée. Je vous ferai connaître de Troyes ou de Châtillon mes intentions ; mais je crois que j’aurais mieux aimé même perdre Paris que de voir faire de telles propositions au peuple français. Vous parlez toujours des Bourbons. Je préférerais voir les Bourbons en France avec des conditions raisonnables aux infâmes propositions que vous m’envoyez. Je vous réitère l’ordre de déclarer au protocole que les limites naturelles ne donnent à la France que le même pouvoir qu’avait Louis XVI.<sup>[^2]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napolé</i></h3> [^1]: Marie Hippolyte Gueulluy de Rumigny, anciennement représentant de la France en Allemagne, secrétaire du cabinet de l’empereur en 1814. [^2]: Expédition, Archives du Ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1792 (copie, Archives nationales, fonds Caulaincourt, 95 AP 14). [C 21315]. Cette lettre a été envoyé à Caulaincourt chiffrée, la transcription est en interligne du document, les chiffres ont été biffé.</body>