| identifiant | CG15-38162.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1814/02/17 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Caulaincourt, ministre plénipotentiaire de l’Empereur au congrès de Chatillon |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38162. - </b>Au général Caulaincourt, ministre plénipotentiaire de l’Empereur au congrès de Chatillon</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Nangis, 17 février 1814<sup>[^1]</sup></h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de
Vicence, je vous ai donné carte blanche pour sauver Paris et éviter
une bataille qui était la dernière espérance de la nation<sup>[^2]</sup>.
La bataille a eu lieu : la Providence a béni nos armes<sup>[^3]</sup>.
J’ai fait 30 à 40 000 prisonniers ; j’ai
pris deux cents pièces de canon, un grand nombre de généraux et
détruit plusieurs armées sans presque coup férir. J’ai entamé
hier l’armée du prince Schwarzenberg, que j’espère détruire
avant qu’elle ait repassé mes frontières.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Votre attitude doit
être la même : vous devez tout faire pour la paix ; mais
mon intention est que vous ne signiez rien sans mon ordre, parce que
seul je connais ma position. En général, je ne désire qu’une
paix solide et honorable, et elle ne peut être telle que sur les
bases proposées à Francfort.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Si les alliés eussent
accepté vos propositions le 9, il n’y aurait pas eu de bataille ;
je n’aurais pas couru les chances de la fortune dans un moment où
le moindre insuccès perdait la France ; enfin, je n’aurais
pas connu le secret de leur faiblesse ; il est juste qu’en
retour j’aie les avantages des chances qui ont tourné pour moi. Je
veux la paix ; mais ce n’en serait pas une que celle qui
imposerait à la France des conditions plus humiliantes que les bases
de Francfort. Ma position est certainement plus avantageuse qu’à
l’époque où les alliés étaient à Francfort : ils
pouvaient me braver ; je n’avais obtenu aucun avantage sur
eux, et ils étaient loin de mon territoire. Aujourd’hui, c’est
bien différent : j’ai eu d’immenses avantages sur eux, et
des avantages tels qu’une carrière militaire de vingt années et
de quelque illustration n’en présente pas de pareils.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je suis prêt à cesser
les hostilités et à laisser les ennemis rentrer tranquillement chez
eux, s’ils signent les préliminaires basés sur les propositions
de Francfort.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La mauvaise foi de
l’ennemi et la violation des engagements les plus sacrés mettent
seules des délais entre nous ; car nous sommes si près que, si
l’ennemi vous laisse correspondre avec moi directement, en
vingt-quatre heures on peut avoir réponse aux dépêches. D’ailleurs
je vais me rapprocher davantage.<sup>[^4]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napole</h3><p style="margin-bottom: 0cm"><i>P.S. </i>Comment
arrive-t-il qu’aujourd’hui 18 je n’ai de dépêches de
vous que du 14 ? Nous ne sommes cependant éloignés de vous que
de vingt-cinq lieues.</p>
[^1]: Note sur la minute : « Expédiée le 18 ».
[^2]: « Monsieur le duc, je vous ai expédié un courrier avec une lettre de Sa Majesté et le nouveau plein pouvoir que vous avez demandé. Au moment où Sa Majesté va quitter cette ville, elle me charge de vous en expédier un second, et de vous faire connaître en propres termes que Sa Majesté vous donne carte blanche pour conduire les négociations à une heureuse fin, sauver la capitale et éviter une bataille où sont les dernières espérances de la nation. Les conférences doivent avoir commencé hier. Sa Majesté n’a pas voulu attendre que vous lui eussiez donné connaissance des premières ouvertures, de crainte d’occasionner le moindre retard. Je suis donc chargé, Monsieur le duc, de vous faire connaître que l’intention de l’Empereur est que vous vous regardiez comme investi de tous les pouvoirs nécessaires, dans ces circonstances importantes, pour prendre le parti le plus convenable, afin d’arrêter les progrès de l’ennemi et de sauver la capitale. Sa Majesté désire que vous correspondiez le plus fréquemment possible avec elle, afin qu’elle sache à quoi s’en tenir pour la direction de ses opérations militaires. Troyes, 5 février 1814. Le duc de Bassano. » D’après la copie. Archives des affaires étrangères ».
[^3]: Le 17 février a lieu le combat de Mormant, prélude à la bataille de Montereau, qui se solde par une victoire française.
[^4]: Expédition, Archives du Ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1792 (copie, Archives du Ministère des Affaires étrangères, Desages, tome 3). [C 21285] </body> |
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