| identifiant | CG15-38114.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1814/02/14 00:00 |
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| titre | Napoléon à Joseph, lieutenant général de l’Empereur |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38114. - </b>À Joseph, lieutenant général de l’Empereur</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Château-Thierry, 14 février 1814, trois
heures du matin</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon frère, il est
trois heures du matin. Le duc de Trévise a passé hier le pont de
Château-Thierry à cinq heures du soir, et s’est porté à la
suite de l’ennemi, qui s’est embarrassé dans des chemins de
traverse d’ici à Reims par Fère-en-Tardenois, où il a abandonné
ce qui lui restait de ses voitures. Le duc de Raguse était à
Étoges ; hier il s’est reployé sur Fromentières, ayant vu
déboucher sur lui Blücher avec une force qu’il estime supérieure
à la sienne. Je pars au moment même ; j’y serai à huit
heures du matin, j’attaquerai l’ennemi ; j’espère le bien
battre dans la journée, et détruire encore ce corps-là. Il paraît
que c’est Wittgenstein.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Comme il paraît que
l’ennemi ne passera pas par Soissons, j’ai ordonné au duc de
Trévise, aussitôt qu’il aura couvert cette ville, d’en retirer
une partie des troupes et des gardes nationales qui s’y trouvent,
pour renforcer son corps, en laissant cependant à Soissons quelques
troupes pour le défendre<sup>[^1]</sup>.
Que le ministre de la Guerre donne des ordres pour que l’on
continue de fortifier ce poste important.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai reçu votre
lettre du 13 sans date d’heure. Passez des revues de gardes
nationaux ; excitez-les à se mettre en état. Je pense que le
ministre de l’Intérieur ferait bien d’envoyer un conseiller
d’État ou autre pour prendre connaissance des horreurs que
l’ennemi a commises dans le pays qu’il évacue, et de la conduite
des communes ; il écrirait des dépêches, qui seraient
insérées dans <i>le Moniteur</i>, pour faire connaître comment
l’ennemi s’est conduit partout.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le duc de Bellune me
mande, en date d’hier 13 à midi, qu’il a pris position à
Provins ; qu’il a fait sauter le pont de Nogent ; qu’il
a été conduit à cette opération parce qu’il a appris que
l’ennemi se renforçait sur Montereau et menaçait Paris du côté
de Fontainebleau, et qu’il a voulu s’approcher de Montereau.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai donné ordre au
duc de Tarente de se porter sur Montereau avec toutes ses forces, qui
se montent à plus de 16 000 hommes, y compris les gardes
nationales de Meaux sur Montereau. Le duc de Reggio doit y être avec
la division du général Rottembourg et la division n<sup>o</sup>
9 d’Espagne, que le ministre de la Guerre m’assure y être
arrivée le 12.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La situation des
troupes qui sont à Montereau est donc la suivante :</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le duc de Bellune,
10 000 hommes d’infanterie, et 3 000 hommes de
cavalerie avec quarante pièces de canon ; le duc de Reggio,
15 000 hommes d’infanterie, y compris la division des
gardes nationales de Montereau, 4 000 hommes de cavalerie
du général Bordessoulle et du général Roussel, et cinquante
pièces de canon ; le duc de Tarente 12 000 hommes
d’infanterie, 3 000 hommes de cavalerie et quarante
pièces de canon. Voilà donc une force de 50 à 60 000 hommes,
sans comprendre la réserve de Paris.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Si la journée
d’aujourd’hui est heureuse, comme je l’espère, et si je
parviens à me défaire de ce corps, que je suppose être celui de
Wittgenstein qui venait du Rhin, je pourrai aller sur-le-champ de ma
personne à Montereau, à moins que l’ennemi n’ait cessé ses
mouvements offensifs.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Donnez ordre au
ministre de l’Intérieur de faire rétablir, sous vingt-quatre
heures, le pont de Trilport<sup>[^2]</sup>
et celui de La Ferté-sous-Jouarre. Si on ne peut pas rétablir ces
ponts, qu’on fasse des ponts de bateaux de manière que je puisse
passer. Que le ministre de la Guerre envoie un commandant à La
Ferté-sous-Jouarre avec un bataillon, et un autre à Meaux. Que le
ministre de l’Intérieur écrive au maire de Meaux que je ne suis
pas content de la conduite des habitants ; qu’il faut qu’ils
se conduisent de manière que je n’aie pas d’exemples à faire.<sup>[^3]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Nap</i></h3>
[^1]: Soissons est pourtant menacée à la même date et Rusca va être tué ce même 14 février au cours du premier siège.
[^2]: Arrondissement de Meaux.
[^3]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 12. [C 21253]</body> |
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