CG15-38087.md

identifiantCG15-38087.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1814/02/12 00:00
titreNapoléon au général Clarke, ministre de la Guerre
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38087. - </b>Au général Clarke, ministre de la Guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Ferme de Lumeront Château-Thierry, 12 février 1814, à huit heures du soir</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de Feltre, l’ennemi a passé la Marne à Château-Thierry et brûlé le pont ; j’ai été obligé de m’arrêter. Je suis logé près du faubourg de Château-Thierry. J’ai enlevé aujourd’hui à l’ennemi toute son arrière-garde, composée de quatre bataillons russes, trois bataillons prussiens et trois pièces de canon. Tout a été pris, depuis le général jusqu’à la dernière voiture.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le nombre de pièces que nous avons prises ne doit pas s’éloigner de soixante à quatre-vingts. Le nombre de voitures est immense ; les prisonniers sont 8 à 10 000. Le corps de Sacken et York qui était 35 000 hommes ne doit pas être aujourd’hui de 12 000.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Les prisonniers vont être envoyés à Paris. Je désire que vous les fassiez entrer avec un peu de pompe et de manière que le public en soit prévenu.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je suppose que l’ennemi se porte sur Soissons pour gagner Reims. J’ai donné ordre que Soissons fût mis en état de défense ; ainsi, j’espère qu’il tiendra. L’Aisne est débordé, et ce sera un obstacle de plus pour l’ennemi. Si le mouvement des Autrichiens sur la Seine ne me rappelle pas, j’espère avoir le dernier homme de cette armée.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Si le duc de Tarente s’était porté de La Ferté-sous-Jouarre sur la rive droite de la Marne, comme il devait le faire, pas un homme n’aurait échappé.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le général Sacken a été mortellement blessé. Cette armée de Silésie était de beaucoup la meilleure armée de l’ennemi. On peut compter que les Russes ont soixante régiments d’anéantis. C’était là la consistance de leur armée, car le général Sacken avait sous ses ordres le corps de Langeron. La quantité de fusils qui se trouve sur le champ de bataille est énorme. Il faudrait envoyer de Paris des entrepreneurs et des individus chargés spécialement de les ramasser. On a pris des voitures chargées de fusils ; on a recommandé à l’artillerie de les garder ; mais les paysans en sont fort avides.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai donné le combat de Champaubert, la bataille de Montmirail et le combat de Château-Thierry en engageant quelques bataillons de ma Garde et la cavalerie de ma Garde. Les dragons se sont couverts de gloire. La Vieille Garde a de beaucoup surpassé tout ce que je pouvais attendre d’une troupe d’élite. C’était absolument la tête de Méduse.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le général Sacken, à Montmirail, s’était joint au général York et espérait la victoire. Malheureusement, j’ai fait venir la division Leval qui n’arrive que ce soir à Vieux-Maisons et qui ne m’aura servi de rien.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il paraît que le duc de Reggio n’a point encore la division du général Boyer ; elle devait cependant arriver le 9, et il serait bien important qu’elle fût arrivée.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il faut que l’artillerie fasse ramasser les pièces dispersées sur le champ de bataille.<sup>[^1]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 906, février 1814, fol. 109). [C 21235]</body>