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CG15-38082.md| identifiant | CG15-38082.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1814/02/11 00:00 |
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| titre | Napoléon à Joseph, lieutenant général de l’Empereur |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38082. - </b>À Joseph, lieutenant général de l’Empereur</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">De la ferme de l’Épine-au-Bois, entre
Montmirail et Vieux-Maisons, 11 février 1814, huit heures du
soir</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon frère, Berthier
vous a expédié un courrier du champ de bataille. J’ai, depuis,
expédié le jeune Montesquiou. Il est huit heures, et, avant de
dormir, je veux qu’on vous expédie ces deux mots pour vous faire
connaître que la journée d’aujourd’hui a été décisive.
L’armée ennemie de Silésie n’existe plus ; je l’ai mise
dans une complète déroute. Nous avons pris tous ses canons, ses
bagages et fait bien des milliers de prisonniers, peut-être plus de
7 000. Il nous en arrive à chaque instant. Il y a 5 à
6 000 ennemis sur le champ de bataille. Tout cela a été
obtenu en engageant seulement la moitié de ma Vieille Garde, qui a
fait plus qu’on ne doit attendre des hommes. L’ennemi, à la
débandade, s’est sauvé du côté de Château-Thierry. Je suppose
que le duc de Trévise les aura suivis sur La Ferté-sous-Jouarre et
sur Château-Thierry. Ces deux journées changent entièrement la
situation des affaires. Sacken a été tué<sup>[^1]</sup>.
Beaucoup de leurs généraux sont pris, quelques-uns sont blessés et
plusieurs sont restés sur le champ de bataille. Voilà donc dix
divisions russes, formant soixante régiments, à peu près
anéanties. Je crois qu’à la nuit nous avons eu affaire au corps
d’York qui arrivait sur le champ de bataille ; il a subi le
sort des Russes. J’écris à l’Impératrice de faire tirer
soixante coups de canon. Notre perte a été légère. Le général
Michel<sup>[^2]</sup>,
de la Garde, a été blessé au bras. Je ne crois pas avoir perdu
plus de 1 000 hommes. Ma Garde à pied, mes dragons, mes
grenadiers à cheval ont fait des miracles. J’espère demain être
en communication avec La Ferté-sous-Jouarre. Je pense donc que ces
deux journées feront disparaître tous les dangers de Paris, car
cette armée de Silésie était la meilleure armée des alliés.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Donnez-moi des
nouvelles de ce qui se passe du côté de Sens et de Montereau. Cela
m’est nécessaire pour diriger mes opérations ultérieures.<sup>[^3]</sup></p><p style="text-align: right; margin-top: 0.42cm"><i>Np</i></p>
[^1]: Les récits des prisonniers avaient fait croire, un moment, à la mort de ce général.
[^2]: Gravement blessé au bras, Claude Étienne Michel repart à Paris. Il n’est pas encore remis de cette blessure qu’il participe à la défense de cette ville en mars.
[^3]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 12. [C 21231]</body> |
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