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CG15-37991.md| identifiant | CG15-37991.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1814/02/04 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Caulaincourt, ministre des Relations extérieures |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 37991. - </b>Au général Caulaincourt, ministre des Relations extérieures</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Troyes, 4 février 1814</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de
Vicence, le rapport du prince de Schwarzenberg est une folie. Il n’y
a pas eu de bataille. La Vieille Garde n’y était pas ; la
Jeune Garde n’a pas donné. Il y a eu quelques pièces de canon qui
nous ont été prises par des charges de cavalerie. Mais l’armée
était en marche pour passer le pont de Lesmont lorsque cet événement
est arrivé, et deux heures plus tard l’ennemi ne nous aurait pas
trouvés. Il paraît que toute l’armée ennemie était là et
qu’ils regardent cela comme une bataille ; en ce cas, ces
gens-là ne sont guère habiles. Ils n’ont pas eu affaire à plus
de 15 000 des nôtres, et nous avons tenu le champ de
bataille toute la journée.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La lettre que M. de
Metternich vous a écrite est tout à fait ridicule ; mais j’y
reconnais ce que j’ai toujours vu depuis longtemps, c’est qu’il
croit mener l’Europe et que tout le monde le mène. Il était bien
naturel qu’au moment où la négociation s’ouvrait, on restât
quelques jours sans rien faire, sans même faire d’armistice pour
cela.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous me demandez
toujours des pouvoirs et des instructions, lorsqu’il est encore
douteux si l’ennemi veut négocier. Les conditions sont, à ce
qu’il paraît, arrêtées d’avance entre les alliés. C’était
hier le 3 ; vous ne me dites pas que les plénipotentiaires vous
en aient dit un mot. Aussitôt qu’ils vous les auront communiquées,
vous êtes le maître de les accepter ou d’en référer à moi dans
les vingt-quatre heures.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je ne conçois pas, en
vérité, cette phrase que vous me renvoyez de M. Metternich.
Qu’entendent-ils par des ajournements, quand vous êtes depuis un
mois aux avant-postes ?</p><p style="margin-bottom: 0cm">M. de la Besnardière,
que j’ai vu hier au soir, doit vous avoir rejoint.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le 2, un corps
autrichien a été battu à Rosnay ; on lui a fait
600 prisonniers et tué beaucoup de monde<sup>[^1]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">L’aide de camp du
prince de Neuchâtel a été pris le 1<sup>er</sup>, au moment où il
faisait le tour de nos avant-postes.<sup>[^2]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Nap</i></h3>
[^1]: Ce combat oppose les troupes de Marmont à un corps autrichien, le 2 février, en retraite après la bataille de La Rothière. Il est sans conséquences.
[^2]: Expédition, Archives du Ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1792, n° 112 [C 21178]</body> |
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