CG15-37958.md

identifiantCG15-37958.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1814/01/31 00:00
titreNapoléon à Joseph, lieutenant général de l’Empereur
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 37958. - </b>À Joseph, lieutenant général de l’Empereur</h1><h2 class="style-titre-2-+-interligne-:-double-western" data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Brienne, 31 janvier 1814, au soir</h2><p style="margin-bottom: 0cm">[Mon frère, vous aurez vu par le bulletin les événements qui se sont passés. L’affaire de Brienne a été fort chaude<sup>[^1]</sup>. J’y ai perdu 3 000 hommes et l’ennemi y a perdu 4 à 5 000 hommes. J’ai poursuivi l’ennemi à mi-chemin de Bar-sur-Aube. J’ai fait réparer les ponts de l’Aube qui avaient été brûlés. Encore un moment, et le général Blücher et tout son état-major eussent été pris. Le neveu<sup>[^2]</sup> du chancelier de Hardenberg<sup>[^3]</sup> a été pris à côté d’eux ; ils étaient à pied et ne savaient pas que j’étais à l’armée. Depuis ce combat de Brienne, nos armes sont en grande réputation chez les alliés. Ils ne croyaient plus à l’existence de nos armées. J’ai lieu de croire, quoique je n’en aie pas la certitude, que le duc de Vicence est arrivé au quartier général de l’empereur à Chaumont<sup>[^4]</sup>. Cette affaire de Brienne, la position de nos armées, et l’opinion qu’on en a, pourraient accélérer la conclusion de la paix. Il est convenable que les journaux montrent l’intention de Paris dans l’intention de se défendre, et beaucoup de troupes comme y arrivant de tous côtés.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai donné l’ordre qu’on fît partir de Paris une colonne de 1 000 à 1 200 chevaux de la Garde, 2 pièces de canon, 3 à 4 caissons d’infanterie et 3 à 4 mille hommes de la Jeune Garde, ce qui ferait une colonne de 4 à 5 000 hommes.]</p><p style="margin-bottom: 0cm">On y joindrait une compagnie d’équipage militaire de la Garde, s’il y en avait une de formée. Cette colonne se dirigera sur Nogent-sur-Seine, où elle attendra de nouveaux ordres. Le duc de Trévise avait évacué Troyes pour se porter à Arcis-sur-Aube. Mais je lui ai donné l’ordre de revenir à Troyes, et il est arrivé ce soir à 7 heures. Il est bien important d’augmenter le plutôt possible la division qui est à Troyes.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napolé</i></h3><p style="margin-bottom: 0cm; font-variant: small-caps"> <br/> </p> [^1]: Après la bataille de Saint-Dizier du 27 janvier, l’armée de Blücher a été coupée en deux et Napoléon souhaite la prendre par surprise ; la manœuvre a manqué et la surprise tourne en bataille ; Blücher résiste vaillamment et aurait pu mettre en difficulté l’armée française, préférant battre en retraite et laisser le champ de bataille à Napoléon. [^2]: Il ne s’agit pas de Novalis, mais d’un de ses cousins. [^3]: Karl-August, prince von Hardenberg (1750-1822), l’un des ennemis les plus acharnés de Napoléon depuis Iéna ; chancelier de Prusse en 1808. [^4]: Le tsar a porté son quartier-général à Chaumont. [^5]: Seule la fin de la lettre a été conservée. Tout le passage entre crochets est issu de la minute Archives nationales, AF IV 906, janvier 1814, n° 239 ; la seconde partie provient de l’expédition, Archives nationales, 400 AP 12.</body>