| identifiant | CG15-37953.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1814/01/31 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Clarke, ministre de la Guerre |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 37953. - </b>Au général Clarke, ministre de la Guerre</h1><h2 class="style-titre-2-+-interligne-:-double-western" data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Brienne,
31 janvier 1814, au soir</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de
Feltre, j’ai ordonné que les évacuations de blessés et de
malades auraient lieu par Brienne, Dampierre et Sézanne. Donnez
ordre que les étapes soient formées sur cette ligne. De
Château-Thierry les malades seront dirigés sur Compiègne,
Beauvais, Meaux, etc.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Voici les dispositions
de la journée : le général de la Hamelinaye a 4 000 hommes à
Troyes et douze pièces de canon ; il est important qu’il ait
300 000 cartouches. Il importe également que cette division
Hamelinaye soit complétée ; elle doit l’être par les gardes
nationaux qui doivent d’abord se réunir à Montereau et qui
étaient destinés pour Troyes, et par le reste des bataillons qui
devaient former le camp de Troyes.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le duc de Trévise
avait abandonné Troyes, ayant vu que Blücher menaçait Arcis ;
je lui ai donné ordre de retourner à Troyes ; il y est arrivé
ce soir, 31, à six heures. Je ne sais pas si ce maréchal a remplacé
les deux mille coups de canon qu’il a tirés le 24 à Bar-sur-Aube.
Faites diriger des munitions d’artillerie sur Nogent-sur-Seine pour
y être à sa disposition.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai ordonné que le
général Defrance, avec 1 200 hommes de gardes d’honneur, et
le général Gérard, avec douze bataillons et dix-huit bouches à
feu, le général Morin, avec 600 hommes de la division Bordessoulle
et quatre pièces d’artillerie légère, se rendissent à Piney. Le
duc de Trévise aura donc dans la main la Vieille Garde, cavalerie,
infanterie et artillerie, c’est-à-dire 15 000 hommes, et le
général Gérard, avec la division Hamelinaye, 12 000 hommes.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai ordonné au
général Pajol, si la route de Sens n’était pas sérieusement
menacée, de diriger deux ou trois bataillons d’infanterie, soit
gardes nationaux ou autres, trois pièces d’artillerie légère et
5 ou 600 chevaux, total, 3 000 hommes, sous les ordres d’un
général de brigade, à Méry ou à Mesgrigny ; le duc de
Trévise pourrait les réunir en cas d’événement.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il me tarde beaucoup de
compléter la division Hamelinaye et d’augmenter les moyens du
général Bordessoulle et du général Pajol, afin que le duc de
Trévise ait une quarantaine de mille hommes dans la main à Troyes,
ce qui le mettrait à l’abri de toute espèce d’événement.
Faites-moi connaître tout ce que le camp de Montereau peut fournir
promptement pour cet objet.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je pense qu’il est
fort important de renvoyer au général Bordessoulle tout ce qui lui
appartient et qui aurait été momentanément dirigé sur la 3<sup>e</sup>
brigade du général Pajol, formée à Versailles, et qui a dû se
réunir à Pont et à Montereau, sur l’Yonne. Les trois bataillons
partis de Bordeaux devraient être arrivés à Montereau. Le général
Pajol, sous les ordres de qui ils sont, les pourrait prendre pour la
colonne de Mesgrigny.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il ne faut plus envoyer
de vivres à Châlons ; il y en a suffisamment, ainsi que des
munitions et de l’artillerie. Je préfère que cela vienne sur
Nogent, Arcis-sur-Aube et Sézanne.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je désire avoir une
route d’Arcis-sur-Aube à Paris, laquelle ne passe par l’Aube :
or, la route de Nogent passe l’Aube. Je désire qu’il y en ait
une qui d’Arcis aille à Sézanne et de là à La
Ferté-sous-Jouarre, par Château-Thierry. Faites reconnaître les
routes par des ingénieurs géographes, et faites envoyer des
ingénieurs des Ponts et Chaussées pour réparer les ponts et
améliorer cette route le plus qu’il sera possible.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Comme la navigation de
Paris à Nogent-sur-Seine est, je crois, rapide et favorable,
beaucoup de choses pourraient être embarquées de Paris pour Nogent,
et pareillement de Nogent pour Paris.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Pour vous compléter le
détail de la position de l’armée, je dois vous dire que la
division Ricard occupe Dienville. Le duc de Bellune est en avant du
village de La Rothière. Le duc de Raguse est à Soulaines. J’ai
une avant-garde à Maizières et le reste de mes troupes est à
Brienne. J’ai sur l’Aube le pont de Dienville, celui de
Brienne-la-Vieille, celui de Lesmont et celui d’Arcis. Le duc de
Tarente couvre Châlons et Vitry. Activez de tous les moyens
l’établissement des fortifications, l’armement et
l’approvisionnement de Vitry qui nous assure un bon pont sur la
Marne et un point d’appui qu’il est de la plus haute importance
d’avoir.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Lorsque les deux
divisions de l’armée d’Espagne seront arrivées à Montereau et
que je pourrai les pousser sur Troyes, ainsi que le complément de la
réserve, je regarderai les affaires à peu près comme assurées.
Toutefois, le général Pajol doit toujours rester à Nogent ou à
Montereau pour s’occuper de la partie la plus importante de ses
fonctions, qui est d’éclairer Paris contre toutes espèces de
partis.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Nous avons ici beaucoup
de cadres. En dirigeant donc tous les détachements de conscrits
habillés et armés sur Nogent, et en m’en donnant avis, je
pourrais les employer à compléter tous ces cadres et à améliorer
beaucoup la situation de l’armée.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le général York est
revenu sur Saint-Dizier avec Wittgenstein<sup>[^1]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La cavalerie légère
du duc de Raguse a eu une échauffourée où elle a perdu une
centaine d’hommes. Je regarde la situation des affaires comme fort
améliorée depuis peu de jours, malgré la grande supériorité de
l’ennemi dans toutes les armes<sup>[^2]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Tenez-moi bien au fait
de la marche des divisions d’Espagne, de la division de cavalerie,
des moyens que vous avez pris pour leur procurer de l’artillerie,
et de la marche des bataillons de gardes nationales et de ligne sur
les différents points.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Pressez le duc
d’Albufera<sup>[^3]</sup>
d’envoyer des troupes à Lyon ; car, aussitôt que le duc de
Castiglione aura dans la main 7 ou 8 000 hommes, il pourra
rallier tout ce qui est dans le Dauphiné sur Genève : ce qui fera
une forte diversion dans les flancs de l’ennemi.<sup>[^4]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: Pierre de Sayn-Wittgenstein, Generallfeldmarschall de l’armée russe, héros de la campagne de 1812. Il a été, en 1813, commandant en chef des armées russes avant de quitter ce poste.
[^2]: <span></span> Cette phrase était absente de la <i>Correspondance</i> n° 21162.
[^3]: Louis Gabriel Suchet. La demande de renfort sera finalement portée à 20 000 hommes.
[^4]: Copie d’expédition, S. H. D., Guerre, 17 C 329 (minute, Archives nationales, AF IV 906, janvier 1814, n° 223). [C 21162]</body> |
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