| identifiant | CG15-37950.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1814/01/31 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Clarke, ministre de la Guerre |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 37950. - </b>Au général Clarke, ministre de la Guerre</h1><h2 class="style-titre-2-+-interligne-:-double-western" data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Brienne,
31 janvier 1814</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de
Feltre, j’ai eu une affaire fort chaude le 29 à Brienne. J’ai
attaqué toute l’armée du maréchal Blücher et du général
Sacken<sup>[^1]</sup>,
forte de 30 000 hommes d’infanterie et de beaucoup de
cavalerie. Je les ai attaqués avec 10 000 hommes au moment même
où je venais de faire une forte marche. J’ai eu le bonheur de
m’emparer, dès le commencement de l’affaire, du château qui
domine tout. Comme l’attaque n’a commencé qu’une heure avant
la nuit, on s’est battu toute la nuit, Blücher a été battu ;
on lui a fait 5 à 600 prisonniers, tué ou blessé 3 à 4 000
hommes, et il a été obligé de rappeler tous ses partis qui
s’avançaient du côté de Paris, pour se replier sur Bar-sur-Aube.
Hier, je l’ai reconduit dans cette direction pendant deux lieues,
l’accompagnant par des salves de quarante pièces de canon. Notre
perte est évaluée à 2 000 hommes. Les généraux Forestier<sup>[^2]</sup>
et Baste<sup>[^3]</sup>,
de la Jeune Garde, ont été tués. Le général
Lefebvre-Desnouettes, qui commandait la cavalerie de la Garde, a été
blessé d’un coup de baïonnette, en chargeant avec son intrépidité
ordinaire. Le général Decouz<sup>[^4]</sup>,
de la Jeune Garde, a été blessé. Si j’avais eu de vieilles
troupes, il aurait été possible de mieux faire et d’enlever tous
les parcs et bagages que j’ai vus défiler devant nous et que mon
mouvement instantané a forcé Blücher de rappeler d’Arcis-sur-Aube.
Si Brienne avait pu être occupé plus tôt, tout serait en notre
pouvoir ; mais dans les circonstances actuelles, et avec
l’espèce de troupes qu’il faut manier, il faut se tenir heureux
de ce qui est arrivé.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Nous avons pris
position à deux lieues en avant de Brienne, la droite à l’Aube,
la gauche au bois, nous maintenant entre l’Aube et la Marne ;
le duc de Trévise à Troyes et le duc de Tarente sur la Marne. Je
prends pour pivot Arcis-sur-Aube. Mon quartier général continuera
jusqu’à nouvelle circonstance à rester à Brienne.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’approuve que vous
ayez rappelé le général Bellair qui, depuis le commencement
jusqu’à la fin, m’a montré qu’il n’était qu’un
imbécile.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: <span lang="en-US">
Fabian Gottlieb von Osten-Sacken.</span>
[^2]: <span></span> François Louis Forestier, frère du général Gaspard Forestier, commandait par intérim la 2<sup>e</sup> division du 2<sup>e</sup> corps (Victor).
[^3]: Le contre-amiral Pierre Baste, après une longue carrière maritime avait pris la tête d’une brigade de la Jeune Garde placée sous le commandement de Decouz. Il a été tué par un boulet.
[^4]: Blessé d’un coup de feu à Brienne le 29 janvier, il resta sur le champ de bataille et reçut une seconde blessure. Il expirera le 18 février à Paris.
[^5]: Copie d’expédition, S. H. D., Guerre, 17 C 329 (minute, Archives nationales, AF IV 906, janvier 1814, n° 215). [C 21150]</body> |
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