| identifiant | CG15-37824.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1814/01/13 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Nansouty, commandant la cavalerie de la Garde Impériale |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 37824. - </b>Au général Nansouty, commandant la cavalerie de la Garde Impériale</h1><h2 class="style-titre-2-+-interligne-:-double-western" data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris,
13 janvier 1814</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Le général Nansouty
verra les bureaux de la guerre, et trouvera ci-jointe l’organisation
qu’on m’avait soumise pour la formation de deux divisions de
cavalerie qu’on devait former à Versailles. J’avais décidé que
tout ce qui se trouve dans la 1<sup>re</sup> division militaire<sup>[^1]</sup>
fût monté sans délai par les soins des départements, afin de
profiter de tous les hommes qui seraient à Versailles. Je vois que,
depuis, on a fait diriger sur Versailles 1 200 hommes à pied
qui se trouvaient à Juliers, et prescrit de les répartir entre les
différents régiments, sans songer à quels régiments ils
appartenaient. Cette mesure me paraît très vicieuse. Il y a dans ce
moment déjà arrivés à Paris près de 600 chevaux ; il faut
les diriger, comme je l’ai ordonné, sur Meaux et en former autant
de régiments qu’il y a d’armes différentes : un de cuirassiers,
un de dragons, un de chevau-légers, un de chasseurs et de hussards.
Nommez des colonels et des chefs d’escadrons pour les commander,
sans comprendre les 1 200 hommes de Juliers. Ces régiments sont
portés pour avoir, avec leurs dépôts, 3 230 hommes. Il
faudrait savoir si ces hommes sont des hommes disponibles et quels
ordres le ministre de la guerre leur a donnés. Pour ces 3 230
hommes il n’y a que 1 043 chevaux. Il faut savoir si ces 1 043
chevaux sont disponibles, savoir si tout ce qui est porté dans la
case des <i>chevaux aux dépôts</i> est disponible. On proposait de
lever 3 400 chevaux ; il faut savoir les mesures qu’on a
prises pour lever ces 3 400 chevaux ; je sais que les
mesures ont été prises pour avoir le harnachement à Paris. Quand
je serai instruit de tout ce qui a été fait et de ce qui est en
mouvement, je verrai ce qu’il y aura à faire. Je ne vois pas
d’inconvénient que les 1 200 hommes qui arrivent de Juliers
soient montés à Versailles, si l’on a pris des mesures pour les
remontes et le harnachement à Versailles. Mais il faut avoir l’état
des officiers et sous-officiers qui sont dans ces 1 200 hommes
et connaître à quels régiments ils appartiennent, ne voulant rien
ôter à aucun régiment. Ils seront censés venir à Versailles
comme on vient à un dépôt de remonte. Quand je saurai à quels
régiments ils appartiennent, je statuerai sur ce qui doit être fait
de ces 1 200 hommes. Mais, en opérant sur les 3 230
hommes, il faut connaître quels sont les cadres que chacun de ces
régiments a à son dépôt, et pour cela il faut prendre
connaissance de chaque régiment, de ce qu’il a conservé aux
escadrons de guerre et de ce qu’il a envoyé au dépôt. Il faut
avoir là des cadres définitifs de compagnie ou d’escadron, mon
intention étant de leur faire joindre leurs régiments aussitôt que
faire se pourra. Presque tous les dépôts de cavalerie étaient sur
le Rhin, la Meuse, la Moselle, en Alsace et en Franche-Comté. Il
faut faire un travail général. Partie de ces dépôts a été
enfermée dans les places qui sont déjà bloquées ; cela est
sans remède. Partie a été dirigée sur d’autres lieux, partie
est en Champagne, en Bourgogne et encore en Lorraine. Il faut me
présenter un travail pour faire venir tous ces dépôts derrière
Paris, ce qui conduira à un coup d’œil général sur toute notre
cavalerie, régiment par régiment.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le 2<sup>e</sup> corps
du général Sebastiani a été formé à une seule division. J’ai
donné le même ordre au 1<sup>er</sup> corps ; je ne sais pas
s’il a été exécuté. Il me paraîtrait donc nécessaire que le
général Nansouty prît des renseignements et me fît un rapport
général de la cavalerie. J’ai requis beaucoup de chevaux ;
on a fait des marchés pour d’autres : il faut savoir où cela en
est. Toutes les mesures qui ont été prises se trouvent contrariées
par le mouvement des dépôts. Il est donc nécessaire de centraliser
tout cela dans un point comme Versailles et de substituer à
l’administration des corps une administration centrale à Paris.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Quant à l’armée
d’Espagne, tous les dépôts sont dans le Midi ; il n’y a
rien à changer. Les régiments sont restés dans le Midi. Je vois,
par l’état qu’on m’a remis, qu’on a tiré 3 900 hommes
de ces différents dépôts pour Versailles ; qu’on y a envoyé
1 124 hommes de ceux qui viennent de Juliers, ce qui est une
mesure fausse. Il faut donc joindre ces 1 124 hommes aux 1 200
de la 1<sup>re</sup> division, ce qui fait 2 300 hommes qui
arrivent de Juliers. Il faut connaître à quels régiments ils
appartiennent, comme j’ai dit ci-dessus. Quels ordres a-t-on donnés
aux 3 900 hommes des régiments d’Espagne ? Sont-ils déjà
en route pour Versailles ? Y viennent-ils habillés ?</p><p style="margin-bottom: 0cm">Les chevaux existant
aux dépôts étaient au nombre de 2 000 ; on en porte
3 000 à lever. Quelles mesures a-t-on prises ? Enfin
est-on sûr, aux dépôts d’Espagne, d’avoir des cadres complets,
car la cavalerie sans cadres offre peu d’espérance ? Il ne
faut rien contremander de ce qu’on a fait, mais il faut que le
général Nansouty prenne des renseignements bien positifs, pour m’en
rendre compte. J’ai donné l’ordre que la moitié de la cavalerie
de l’armée d’Espagne se rendît à Orléans. Peut-être
serait-il avantageux de laisser, pour incorporer dans ce qui
resterait en Espagne, ce qu’on tirerait des dépôts ; je
déciderai là-dessus aussitôt que j’aurai connaissance de cette
opération.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il y a à l’armée le
3<sup>e</sup> corps de cavalerie, dont les détachements qui le
composent appartiennent à l’armée d’Espagne. Ces dépôts se
divisent en deux : ceux qui font partie de régiments qui d’Espagne
vont venir à Paris ; ceux-là, on les fera rejoindre leurs
régiments, aussitôt que faire se pourra : d’autres appartiennent
à des régiments qui restent à l’armée d’Espagne ; il
sera convenable de les incorporer définitivement dans le 5<sup>e</sup>
corps, où il y a de bons cadres. Le général Nansouty prendra aussi
connaissance de tous les colonels, majors et chefs d’escadrons,
pour savoir s’ils existent, ainsi que de tous les cadres, compagnie
par compagnie, et où existent ces cadres.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Pour les selles, une
grande quantité de selles est à Charlemont. Je m’étais refusé à
ce qu’on les fît venir à Versailles ; mais dans les
positions actuelles c’est une mesure convenable, non seulement pour
ces harnachements ainsi que pour les bottes et habillements qui
appartiennent à l’Administration de la guerre, de venir à un
dépôt central à Versailles. Tout ce qui appartient aux corps
suivra les dépôts en arrière de Paris, pour n’avoir plus à se
déplacer.</p><p style="margin-bottom: 0cm"><i>Cuirassiers</i>. -
Le 8<sup>e</sup> de cuirassiers doit avoir un escadron ou deux
compagnies, 230 hommes ; le 4<sup>e</sup> cuirassiers, 230, deux
compagnies ; le 7<sup>e</sup>, 300, deux compagnies ; le
14<sup>e</sup>, 180, deux compagnies, et le 13<sup>e</sup>, 240, deux
compagnies ; ce qui fera cinq escadrons ou dix compagnies ;
ce qui ferait une belle brigade de cuirassiers ou un régiment
provisoire de cuirassiers de 1 200 hommes. Il faut y nommer un
colonel et deux chefs d’escadrons.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le 8<sup>e</sup> de
cuirassiers, les 4<sup>e</sup> et 7<sup>e</sup> qui sont déjà
arrivés, se rendront à Meaux, où le colonel et un chef d’escadrons
les rejoindront. L’autre chef d’escadrons se rendra à Versailles
pour attendre le 13<sup>e</sup> et le 14<sup>e</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm"><i>Dragons</i>. Le
5<sup>e</sup> dragons doit fournir quatre compagnies ou deux
escadrons, 400 hommes. Ce régiment étant à Provins, il sera
inutile de le faire venir à Versailles.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le 17<sup>e</sup>
dragons doit fournir quatre compagnies ou 500 hommes ; le 4<sup>e</sup>
dragons, deux compagnies ou 240 hommes ; le 14<sup>e</sup> dragons,
quatre compagnies ou 380 hommes. Ce régiment provisoire se réunira
également à Meaux. Il faut lui nommer un colonel de dragons et deux
chefs d’escadrons. Le colonel de dragons se rendra à Meaux, où le
5<sup>e</sup> de dragons se porte aujourd’hui.</p><p style="margin-bottom: 0cm"><i>Chevau-légers</i>.
Le 1<sup>er</sup> chevau-légers doit fournir deux compagnies ;
le 2<sup>e</sup>, deux compagnies ; le 5<sup>e</sup>, deux
compagnies ; le 9<sup>e</sup>, deux compagnies ; le 3<sup>e</sup>,
deux compagnies ; le 4<sup>e</sup>, une compagnie ; ce qui
fera un régiment provisoire de chevau-légers. Nommer un colonel et
deux chefs d’escadrons.</p><p style="margin-bottom: 0cm"><i>Chasseurs</i>. Le 3<sup>e</sup>
de chasseurs était à Joinville et le 24<sup>e</sup> à Joigny ;
il serait inutile de les faire venir à Versailles. Il faudrait tirer
des trois autres dépôts qui sont à Troyes de quoi compléter un
régiment provisoire.</p><p style="margin-bottom: 0cm"><br/>
</p><p style="text-align: center; margin-bottom: 0cm; font-variant: small-caps">
Cavalerie venant d’Espagne</p><p style="text-align: center; margin-bottom: 0cm; font-variant: small-caps">
<br/>
</p><p style="margin-bottom: 0cm"><i>Dragons</i>. 12<sup>e</sup>
dragons, deux escadrons ou quatre compagnies ; 16<sup>e</sup>,
deux escadrons ou quatre compagnies ; 21<sup>e</sup>, un
escadron ou deux compagnies ; 26<sup>e</sup>, un escadron ou
deux compagnies ; 27<sup>e</sup>, un escadron ou deux
compagnies ; ce qui fait un régiment provisoire de dragons de
l’armée d’Espagne, de quatorze compagnies.</p><p style="margin-bottom: 0cm"><i>Cavalerie légère</i>.
5<sup>e</sup> chasseurs, deux escadrons ou quatre compagnies ;
13<sup>e</sup>, deux escadrons ou quatre compagnies ; 22<sup>e</sup>,
deux escadrons ou quatre compagnies ; 10<sup>e</sup>, un
escadron ou deux compagnies ; 2<sup>e</sup> hussards, deux
escadrons ou quatre compagnies ; 12<sup>e</sup>, deux escadrons
ou quatre compagnies, ce qui fait un régiment provisoire de
cavalerie légère. Désigner un colonel et deux chefs d’escadrons
pour chacun de ces deux régiments provisoires de l’armée
d’Espagne.<sup>[^2]</sup></p>
[^1]: <span></span>La 1<sup>re</sup> division militaire englobe Paris, la Seine, la Seine-et-Oise, la Seine-et-Marne, l’Aisne, l’Oise, le Loiret et l’Eure-et-Loir. Elle est commandée par Pierre Augustin Hulin.
[^2]: Copie d’expédition, S. H. D., Guerre, 17 C 129. [C 21094]</body> |
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