| identifiant | CG14-36954.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1813/11/06 00:00 |
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| titre | Napoléon à Letizia Bonaparte, madame mère |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG14</i> - 36954. - </b>À Letizia Bonaparte, madame mère</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Mayence, 6 novembre 1813</h2><p align="justify" style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm">Madame
et très chère mère. J’apprends par le télégraphe que Louis est
descendu chez vous<sup>[^1]</sup>.
Je vous envoie la copie de la lettre qu’il m’a écrite.</p><p align="justify" style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm">Si
Louis vient, comme prince français, se ranger autour du trône, il
trouvera en moi accueil et oubli du passé. J’ai élevé son
enfance et l’ai comblé de bienfaits ; ma récompense a été
des libelles dont il s’est plu à remplir toutes les cours de
l’Europe. Mais, encore une fois, je lui pardonnerai ; vous
savez que je n’ai pas de rancune. Mais si Louis, comme le fait
craindre sa lettre, vient pour réclamer la Hollande, il me mettrait
enfin dans l’obligation pénible<sup>[^2]</sup> :
1<sup>o</sup> de sévir contre lui ; 2<sup>o</sup> de sévir
pour toujours, puisque je serais obligé de lui faire faire sommation
par l’archichancelier, en présence du prince vice-grand électeur,
du président du Sénat, du grand juge et du secrétaire de la
famille<sup>[^3]</sup>,
et que, s’il ne reconnaît pas les lois de l’Empire, il se
trouvera alors déclaré en rébellion.</p><p align="justify" style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm">Il
y a bien peu de générosité de sa part à me donner de nouveaux
embarras et à m’obliger de sévir, dans un moment où j’ai tant
d’affaires et où mon cœur a besoin de consolations et non de
nouveaux déchirements. La Hollande est française ; elle l’est
pour toujours ; la loi de l’État l’a constituée ainsi<sup>[^4]</sup> ;
il n’est aucun effort humain qui puisse l’ôter à la France. Si
donc Louis vient toujours armé des mêmes chimères, je m’adresse
à vous pour que vous m’évitiez la douleur de le faire arrêter
comme sujet rebelle, qu’il quitte Paris, et qu’il aille se tenir
tranquille et ignoré dans un coin de l’Italie. Il était en
Suisse ; pourquoi l’a-t-il quittée ?</p><p align="justify" style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm">Quelques
preuves qu’il m’ait données de sa haine, je ne peux pas croire
qu’il soit assez méchant et assez ennemi de ses enfants pour
vouloir, dans les circonstances actuelles où toute l’Europe se
lève contre moi et où mon cœur est froissé par tant de peines, me
donner encore le désagrément de sévir contre lui.</p><p align="justify" style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm">Je
finis en vous répétant que si, au contraire, il vient simplement
comme prince français se ranger autour du trône, qui est en péril,
pour défendre les intérêts de sa patrie, de sa famille et de ses
enfants, je lui pardonne le passé, ne lui en parlerai jamais, et
l’accueillerai, non en me souvenant de sa conduite depuis dix ans,
mais en me souvenant des sentiments que j’avais pour lui dans son
enfance.<sup>[^5]</sup></p><p style="text-align: right; margin-top: 0.42cm"><i>Napole</i></p><p style=""><br/>
<br/>
</p>
[^1]: Louis, sans attendre la réponse à sa proposition, se rend chez Madame Mère à Pont-sur-Seine où il arrive le 3 novembre.
[^2]: <span></span> Voir ci-dessus, n<sup>os</sup> 36938, 36948.
[^3]: Talleyrand, Barthélemy, Regnier, et Regnaud de Saint-Jean-d’Angély.
[^4]: Sénatus-consulte du 13 décembre 1810.
[^5]: <span></span> Expédition, collection privée (copie d’expédition, Archives nationales, AFIV *59). [<i>LEC </i>1097]</body> |
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