CG14-36947.md

identifiantCG14-36947.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/11/06 00:00
titreNapoléon à Cambacérès, archichancelier de l’Empire
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG14</i> - 36947. - </b>À Cambacérès, archichancelier de l’Empire</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Mayence, 6 novembre 1813</h2><p align="justify" style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm">Mon cousin, le roi de Westphalie a fait acheter la terre de Stains<sup>[^1]</sup>. Cette démarche est, je crois, contraire aux statuts sur la famille impériale ; je désire que vous le vérifiiez<sup>[^2]</sup>. Il me semble qu’un article dit qu’aucune acquisition ne peut être faite en France par un prince de la famille qui occupe un trône étranger (sans ma permission). Si je ne me trompe pas, donnez ordre au grand juge<sup>[^3]</sup> de faire venir le notaire qui a fait l’acte, de lui faire connaître l’article des statuts, et de faire annuler la vente.</p><p align="justify" style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm">J’ai ordonné au roi de Westphalie de se rendre à Aix-la-Chapelle. Je suis indigné de ce qu’au moment où tous les particuliers sacrifient leurs intérêts pour la défense de la patrie, un roi qui perd son trône ait assez peu de tact pour choisir cet instant pour acheter des terres, et avoir l’air de ne penser qu’à ses intérêts particuliers.</p><p align="justify" style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm">J’ai fait connaître au roi de Westphalie que mon intention était que la Reine<sup>[^4]</sup> allât le rejoindre.<sup>[^5]</sup></p><p style="text-align: right; margin-top: 0.42cm"><i>Np</i></p><p style=""><br/> <br/> </p> [^1]: <span></span> Catherine de Westphalie, rentrée en France depuis quelques mois, fait acheter ce domaine au nord de Paris par l’intermédiaire du secrétaire particulier de Jérôme, arrivé de Cassel en septembre. Le château, édifié au XVIII<sup>e</sup> siècle, comporte un vaste étang, une ferme, un moulin, une orangerie et des écuries. Jérôme y séjournera quelques semaines en 1814, après y avoir fait exécuter des travaux contre l’avis de Napoléon (voir lettre de Napoléon à Savary du 13 janvier 1814, <i>Correspondance général</i>e, vol. 15). De ce château détruit après 1870 ne subsiste que les écuries qu’occupes l’actuelle mairie de cette ville de Seine-Saint-Denis. [^2]: Après recherche, Cambacérès précise à Napoléon le 9 novembre que rien dans les textes (statut du 30 mars 1806 et sénatus-consulte du 30 janvier 1810) ne permet d’interdire aux princes français appelés à une couronne étrangère d’acheter une terre sur le territoire de l’Empire. Comme le sénatus-consulte du 30 janvier 1810 faisait perdre les apanages et propriétés des princes français au profit du domaine privé de l’Empereur (avec indemnisation), Jérôme aurait dû à tout le moins demander la permission avant d’acquérir le château de Stains. [^3]: Regnier. [^4]: Depuis son départ de Cassel, Catherine de Westphalie, après un bref passage à Compiègne, à Pont-sur-Seine et une cure à Forges-les-Eaux, s’est installée à Meudon. [^5]: <span></span> Expédition, collection privée (copie, Bibliothèque Thiers, fonds Masson, car 38 f.126). [<i>LEC </i>1098]</body>