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CG15-0128S.md| identifiant | CG15-0128S.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1796/04/18 00:00 |
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| titre | Napoléon à Joséphine |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CGS-15</i> - 128.S - </b>À Joséphine[^1]</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><span lang="en-US">Millesimo, 29 germinal an IV
[18 avril 1796]</span>[^2]</h2><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Pas
de lettres de toi, mon adorable amie ; tu as donc des occupations
bien douces puisque tu en oublies ton mari qui au milieu des affaires
et des fatigues les plus excessives ne pense, ne désire que toi. Tu
auras vu les relations que j’ai envoyées des 3 batailles que
l’armée que je commande a remportées. Je serai aujourd’hui dans
la ville de Ceva dont j’ai déjà attaqué le camp retranché.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Demain
je fais partir pour Paris Junot[^3]
avec 10 drapeaux pris à l’ennemi. Sais-tu qui j’attends au
retour !!! Une petite personne qui oublie un absent, dont j’ai
toujours le portrait sur le cœur que j’aime à la fureur ce qui
peut être… Je n’ose pas achever je sens que je lui ferais tort
et à moi. Ma douce Joséphine, vois tous les actes de l’amour
franchir les distances et renouvelle les nuits les immortelles et
enivrantes nuits où la volupté, l’épanchement de l’âme,
l’union du cœur, la communauté d’esprit se réunissaient pour
nous contenter.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Je
suis triste de ne pas avoir de tes lettres. J’espère et je me
dépêche de bien vite battre les ennemis. Je voudrais qu’il n’y
en eût plus, enfin d’être sans autre pensée d’avenir d’autre
but que de faire et jouir de ton bonheur.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Je
suis isolé. Tu m’as oublié… Voilà huit jours que je suis
toujours à cheval. Plus de nuit, plus de repos, plus de sommeil,
cela est supportable. Mais malheur à l’instant où tu dirais…
plus d’amour… Je n’ai point reçu de lettre de tes enfants, je
les aime je te le jure comme toi-même.[^4]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"><br/>
</p>
[^1]: Marie Joseph Rose de Tascher de la Pagerie dite Joséphine
(1763-1814), veuve du général de Beauharnais, elle épouse
Napoléon Bonaparte le 9 mars 1796.
[^2]: <span></span>Cette lettre est entièrement inédite et n’avait jamais été
publiée dans aucune édition antérieure. Frédéric Masson (<i>M</i><sup><i>me</i></sup><i>
Bonaparte</i>, Paris, 1927, p. V-XIV) avait calculé que Bonaparte
écrivant quotidiennement, il aurait dut envoyer 123 lettres à
Joséphine entre le 11 mars et le 13 juillet 1796. De ce vaste
ensemble seule 15 missives étaient connues jusqu’à présent.
[^3]: Jean Andoche (1771-1813), sous-lieutenant, secrétaire puis aide de
camp (janvier 1794) de Bonaparte qu’il suit en Italie. Il est
nommé chef de brigade en mai 1796.
[^4]: Expédition autographe, collection privée.</body> |
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