CG14-36855.md

identifiantCG14-36855.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/10/25 00:00
titreNapoléon au général Clarke, ministre de la Guerre
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG14</i> - 36855. - </b>Au général Clarke, ministre de la Guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Gotha, 25 octobre 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de Feltre, vous aurez remarqué que, sur les 120 000 hommes de la conscription, j’ai compris le Piémont pour très peu de chose ; si cependant l’esprit du Piémont était tel qu’il pût fournir 4 ou 5 000 hommes de plus, je vous autorise à les prendre. Il faudrait tâcher que cette levée, au lieu de 120 000 hommes, en rendît 140 000. Vous sentez que je ne fais aucun cas de la conscription de 1815.</p><p style="margin-bottom: 0cm">140 000 hommes, dans la position actuelle de la France, ne me suffisent pas. Je compte sur 100 000 conscrits réfractaires.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’écris à M. l’Archichancelier<sup>[^1]</sup> pour qu’il avise aux moyens d’avoir 60 à 80 000 hommes ; mais il me faut des hommes et non des enfants. On n’est pas plus brave que notre jeunesse ; mais, sans force, elle peuple les hôpitaux, et même, à la moindre incertitude, cette jeunesse montre le caractère de son âge. Il faut donc des hommes pour défendre la France.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La France a 40 millions de population ; un moyen convenable serait de lever trois bataillons par million, ce qui ferait un bataillon de 840 hommes par chaque département de 333 000 habitants. Les départements formeraient ces bataillons en faisant tirer au sort tous les hommes non mariés âgés de plus de vingt-trois ans, en y recevant tous les hommes mariés qui se présenteraient de bonne volonté, ou à prix d’argent. Les cent vingt bataillons que cela produirait, et que je réduis à cent, à cause des pays conquis, qui fourniraient du monde dans une proportion moins forte, feraient un supplément de 84 000 hommes.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Un autre projet serait de porter à six compagnies chacun des soixante bataillons de la Jeune Garde ; cela ferait une augmentation de cent vingt compagnies, et, ces compagnies étant de 200 hommes, cela ferait une augmentation de 24 000 hommes.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Dans sa situation actuelle, la Jeune Garde, qui est de soixante bataillons, devrait être de 48 000 hommes ; je ne pense pas qu’elle en compte plus de 20 000 ; son déficit actuel serait donc de 28 000 hommes.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Les soixante bataillons portés à six compagnies, ou à 1 200 hommes par bataillon, feront un complet de 72 000 hommes ; il n’y en a que 20 000 de présents ; 52 000 hommes seraient donc à fournir. On pourrait demander ces 52 000 hommes aux départements, en sus de leur conscription. Ces 52 000 hommes, divisés par 40 millions de population, feraient 1 200 hommes par million, ou 500 hommes par département moyen de 333 000 habitants.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Par ce moyen, on économiserait sur la conscription des 120 000 hommes tout ce qui était destiné à la Garde impériale.</p><p style="margin-bottom: 0cm">En adoptant ce second projet, il faudrait ajouter, pour les cinquante départements de la frontière de l’Est, qui sont les plus intéressés à repousser l’ennemi, la formation de cinquante bataillons qui, à 800 hommes chacun, feraient 40 000 hommes. Ces 40 000 hommes et les 52 000 hommes pour la Garde donneraient ainsi les 80 à 100 000 hommes que je veux avoir.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Montrez cette dépêche à l’archichancelier, qui vous réunira chez lui, vous et le directeur de la conscription, avec les ministres de la Police, de l’Intérieur et de l’Administration de la guerre<sup>[^2]</sup>, et voyez tous ensemble laquelle des deux mesures il convient le mieux d’adopter ; mais ce sont des hommes qu’il faut et non des enfants.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Si l’on adopte la mesure de la Garde impériale, il faudrait aussi en excepter les départements du Languedoc, qui devraient organiser leurs bataillons pour la guerre d’Espagne.</p><p style="margin-bottom: 0cm">L’organisation de la garde nationale dans les départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin est de la plus grande importance<sup>[^3]</sup>.<sup>[^4]</sup></p><p style="text-align: right; margin-top: 0.42cm">Napoléon</p><p style=""><br/> <br/> </p> [^1]: Voir CG14-36853. [^2]: Savary, Montalivet, Lacuée. [^3]: Avec le changement d’alliance de la Bavière et des craintes sur le Wurtemberg, Clarke et Cambacérès avait pris l’initiative de lever les gardes nationales sédentaires d’Alsace, des départements environnants la frontière du Rhin et de plusieurs places fortes. [^4]: <span></span> Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 904, octobre 1813, fol. 245). [<i>C </i>20835]</body>