| identifiant | CG14-36854.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1813/10/25 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Clarke, ministre de la Guerre |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG14</i> - 36854. - </b>Au général Clarke, ministre de la Guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Gotha, 25 octobre 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de Feltre, vous aurez
vu par les bulletins<sup>[^1]</sup>
la situation des affaires ici. Un malheureux caporal, qui a bêtement
fait sauter un pont à Leipzig<sup>[^2]</sup>,
a changé toute la face des affaires. La moitié de l'armée est
débandée.<sup>[^3]</sup>
J’ai laissé à Erfurt un approvisionnement pour huit mois et une
garnison de 6 000 hommes, sous les ordres du général
Dalton, et je ramène mon armée à Mayence.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai prescrit au duc de Valmy<sup>[^4]</sup>
de faire passer sur la rive gauche du Rhin tous les hôpitaux, les
dépôts de convalescents et les dépôts de cavalerie, afin de
laisser libres et disponibles pour les mouvements de l’armée le
grand-duché de Francfort et les autres provinces de la rive droite.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il est probable que, quand vous
recevrez cette lettre, je serai dans les plaines de Francfort avec
30 000 hommes de cavalerie et 100 000 hommes
d’infanterie, et 4 ou 500 pièces d’artillerie.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Nous avons perdu ou brûlé beaucoup de
caissons, tant des équipages militaires que de l’artillerie.<sup>[^5]</sup></p><p style="margin-bottom: 0cm">Voici les mesures à prendre :</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il faut à Mayence, dans le plus court
délai, 100 000 coups de canon et 30 000 fusils.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il faut faire armer la ville de
Mayence, ainsi que Wesel, Juliers, Venlo, Grave, Coeverden, Delfzyl,
Naarden et Gorcum ; ces places seront complètement
approvisionnées, et cela sera fait sans aucun délai.</p><p style="margin-bottom: 0cm">L’approvisionnement de Wesel doit
être fait militairement, par voie de réquisition, en distribuant le
fardeau entre les différentes préfectures voisines et le
grand-duché de Berg. Wesel est le point le plus important ;
réunissez-y sur-le-champ trois compagnies d’artillerie et une
garnison de 8 à 10 000 hommes.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous dirigerez sur Mayence tout ce que
les différents régiments auraient de disponible à leurs 5<sup>es</sup>
bataillons<sup>[^6]</sup>,
surtout les régiments de marine ; voilà une saison où les
côtes n’ont rien à craindre.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je vais former une armée à Mayence et
une à Wesel. Je verrai plus tard s’il est nécessaire d’en
former une à Strasbourg.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Les dispositions à prendre pour les
places du Nord, et surtout pour Wesel, me paraissent ce qu’il y a
de plus pressant.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Envoyez à Wesel un colonel du génie
et un colonel d’artillerie, d’élite, ainsi qu’un bon
gouverneur. Au moment où vous recevrez cette offre je serai
peut-être moi-même à Mayence. Vous verrez par les bulletins que
l’infâme trahison de la Bavière a déconcerté tous mes projets.<sup>[^7]</sup></p><p style="text-align: right; margin-top: 0.42cm">Napoléon</p><p style=""><br/>
<br/>
</p>
[^1]: Notamment le bulletin du 24 octobre relatant les opérations de Wachau et de Leipzig.
[^2]: Le colonel Puniet de Montfort, commandant le Génie de la garde impériale, avait la responsabilité du minage du pont. N’ayant reçu aucune instruction sur l’ordre de passage des corps, il s’était éloigné du pont à la recherche du maréchal Oudinot qui devait couvrir la retraite. Du fait de l’importance de la foule, il ne put rebrousser chemin vers le pont avant que les sapeurs de la Garde, affolés par des tirs russes, fassent exploser ce point de passage vital. Cette explosion alors que le pont était encombré de monde déclencha un vent de panique et de débandade sur les arrières de l’armée et laissa près de 15 000 hommes à la merci des armées des coalisés.
[^3]: <span></span> La première partie de cette lettre est absente de la <i>Correspondance</i>, n° 20834.
[^4]: Voir CG14-36857.
[^5]: Ainsi qu’une partie des archives du cabinet de Napoléon, notamment une partie des minutes.
[^6]: <span></span> Au sein d’un régiment, le 5<sup>e</sup> bataillon demeure au dépôt pendant les campagnes. Commandé par le major du régiment, le 5<sup>e</sup> bataillon ne comprend que quatre compagnies et accueille les recrues pour leur formation initiale avant affectation aux autres formations du régiment.
[^7]: <span></span> Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328. [<i>C </i>20834]</body> |
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