CG14-36853.md

identifiantCG14-36853.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/10/25 00:00
titreNapoléon à Cambacérès, archichancelier de l'Empire
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG14</i> - 36853. - </b>À Cambacérès, archichancelier de l'Empire</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Gotha, 25 octobre 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon cousin, j’écris au ministre de la Guerre<sup>[^1]</sup> pour ce qui est relatif à une levée de 80 à 100 000 hommes dont j’ai besoin. Tenez un conseil là-dessus et faites-moi connaître l’opinion qu’on a eue. Quand toute l’Europe est sous les armes, quand partout on lève les hommes mariés et non mariés, et que tout le monde court aux armes contre nous, la France est perdue si elle n’en fait autant<sup>[^2]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Quant aux fonds, je suis fâché que le ministre des Finances<sup>[^3]</sup> ne m’ait pas répondu. J’ai convoqué le Corps législatif pour le 2 décembre prochain ; j’espère le présider moi-même ; mais, dans tous les cas, la manière la plus simple d’avoir de l’argent me paraît être d’augmenter de 25 à 50 centimes de guerre toutes les contributions<sup>[^4]</sup>. Les contributions rendent, je crois, 800 millions : 25 centimes produiraient 200 millions ; 50 en produiraient 400. J’attends les calculs en détail et les observations du ministre des Finances sur cette idée. Aussitôt que je l’aurai adoptée, un décret du Conseil d’État, sans attendre le Corps législatif, pourra ordonner cette augmentation sur les contributions indirectes, et le ministre pourra l’ordonner sur les contributions directes. Ne perdez pas un instant à me faire rendre compte de cela, afin que je puisse signer le décret, et que cela arrive à Paris avant le 5 ou le 6 novembre. Une perception de deux mois est d’une haute importance. Les contributions directes ont été fort dégrevées, je les crois susceptibles d’une augmentation de 50 centimes. Les contributions du sel et des droits réunis pourront, ce me semble, recevoir la même augmentation sans inconvénient. Les octrois des villes peuvent également la supporter. La poste aux lettres est susceptible de la même augmentation. Les douanes seules ne pourraient pas être traitées de cette manière ; mais on pourrait augmenter les droits sur beaucoup d’objets, tels que l’introduction des laines, et ce, sans inconvénient<sup>[^5]</sup>.<sup>[^6]</sup></p><p style="text-align: right; margin-top: 0.42cm">Napoléon</p><p style=""><br/> <br/> </p> [^1]: Clarke. [^2]: Un sénatus-consulte du 15 novembre 1813 autorisera la levée de 300 000 hommes. [^3]: Gaudin. [^4]: Napoléon entend ainsi recourir à la technique des « centimes additionnels » qui conduit à assortir les contributions ordinaires de majorations dont le produit est destiné, en l’espèce, à financer la guerre. Un décret du 11 novembre 1813 institua ainsi 30 centimes additionnels (30 centimes pour un franc d’impôt, autrement dit une majoration égale à 30 % du montant de la contribution principale) sur la contribution foncière, la contribution des portes et fenêtres et la patente, cependant que le taux de la contribution mobilière était doublé et les traitements et pensions civiles supérieures à 2 000 francs soumis à une retenue de 25%. Ces mesures dont on attendait 109 millions de francs, se révélèrent rapidement d’autant plus insuffisantes que le recouvrement des impôts se heurta à des difficultés sans nombre, voire à un refus pur et simple notamment dans les départements réunis (Belgique, Hollande, rive gauche du Rhin). [^5]: Cambacérès avait dans sa lettre du 18 octobre conforté Napoléon dans l’idée que « l’ancienne France » conservait sa tranquillité, mais que dans le même temps que chacun aspirait à une juste répartition des impôts qui se substituerait aux taxes des droits réunis. [^6]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 20833, d'après la copie communiquée par Cambacérès (minute, Archives nationales, AF IV 904, octobre 1813, fol. 242). Extrait [catalogue de vente], Librairie H. Saffroy, <i>Autographes et documents historiques</i>, Paris, septembre 1978, n° 118.</body>