CG14-36850.md

identifiantCG14-36850.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/10/25 00:00
titreNapoléon à Cambacérès, archichancelier de l'Empire
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG14</i> - 36850. - </b>À Cambacérès, archichancelier de l'Empire</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Gotha, 25 octobre 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon cousin, la dernière lettre que j’ai reçue de vous est celle du 18 ; je recevrai probablement ce soir les deux suivantes<sup>[^1]</sup>. Je n’ai rien à ajouter aux bulletins que vous communiquera l’Impératrice<sup>[^2]</sup>. Je me rends à Mayence et je concentrerai l’armée sur la frontière. La trahison aussi inconcevable qu’inattendue de la Bavière a dérangé tous mes projets, et m’oblige à rapprocher la guerre de nos frontières.<sup>[^3]</sup></p><p style="margin-bottom: 0cm">Il est à présumer que, dans cet état de choses, les 120 000 conscrits demandés ne seront pas suffisants ; car vous sentez que je ne compte pas beaucoup sur les 140 000 conscrits de 1815<sup>[^4]</sup>. Je désire donc que vous réunissiez le ministre de la Guerre, le directeur de la Conscription<sup>[^5]</sup>, le ministre de la Police et le ministre de l’Intérieur, pour aviser aux moyens de se procurer 60 à 80 000 hommes, âgés de plus de vingt-deux ans. Indépendamment de cette ressource, je compte sur 100 000 conscrits réfractaires. Il faudra, à cet effet, organiser des colonnes mobiles pour les faire rejoindre.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Quant au besoin d’argent, j’ai écrit longuement au ministre des Finances<sup>[^6]</sup>, et peut-être viendrai-je bientôt moi-même à Paris<sup>[^7]</sup> pour diriger toutes ces opérations.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Voyez le ministre de la Guerre et celui de l’Administration de la guerre, pour qu’ils s’occupent sans délai de Wesel, Coeverden, Juliers, Venloo, Grave, etc.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le roi de Naples est parti hier au soir pour se rendre à Naples, où sa présence m’a paru nécessaire<sup>[^8]</sup>.<sup>[^9]</sup></p><p style="text-align: right; margin-top: 0.42cm">N</p><p style=""><br/> <br/> </p> [^1]: Voir lettre suivante. [^2]: Marie-Louise se voit adresser le même jour (voir CG14-36860) le bulletin de la Grande Armée du 24 octobre. [^3]: Négocié depuis fin septembre, le retournement d’alliance de la Bavière est officiel depuis le 15 octobre. Le 17 octobre, le représentant de la Bavière à Paris avait demandé ses passeports faisant connaître la nouvelle à Paris. La nouvelle menace sur les arrières de la Grande Armée et sur la route de repli sur le Rhin avait entrainé la levée des gardes nationaux dans les départements bordant la frontière du Rhin. [^4]: Le sénatus-consulte du 9 octobre 1813 avait autorisé la levée par anticipation de 140 000 hommes au titre de la conscription de 1815, et 120 000 des classes 1803 à 1814. [^5]: Mathieu-Dumas. [^6]: Cette lettre à Gaudin n’existe plus aux Archives nationales. [^7]: Napoléon sera de retour à Saint-Cloud le 9 novembre. [^8]: La veille, Murat a demandé à rentrer dans ces états, pour lever une armée et se lier avec Eugène pour la défense de l’Italie. [^9]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 20832, d'après la copie communiquée par le duc de Cambacérès (minute, Archives nationales, AF IV 904, octobre 1813, fol. 243). Extrait [catalogue de vente], J. Arnna, expert, <i>Pages de l’épopée impériale</i>, Tours, 1952, p. 223, n° 289.</body>