| identifiant | CG14-36808.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1813/10/13 00:00 |
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| titre | Napoléon à Murat, roi de Naples |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG14</i> - 36808. - </b>À Murat, roi de Naples</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Duben, 13 octobre 1813, dix heures du matin</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon frère, j’ai reçu vos lettres.
Le duc de Raguse, avec la division Lorge<sup>[^1]</sup>
et quatre-vingts pièces d’artillerie, arrive ce matin à huit
heure à Hohenleina Vous trouverez ci-jointe la lettre que je lui
écris<sup>[^2]</sup>.
Il est très important que vous ne fassiez pas entrer en ligne ce
maréchal sur la gauche de la Partha, car si vous le faisiez entrer
en ligne, comme il serait à craindre que le corps de Blücher<sup>[^3]</sup>
ne débouchât de Halle, vous seriez obligé d’affaiblir votre
ligne dans un moment important. C’est ce mouvement qui fait perdre
toutes les batailles car elles ne se gagnent qu’en renforçant
la ligne dans le moment critique. Mon intention est donc que vous
placiez le duc de Raguse à Breitenfeld, où l’on me dit qu’il y
a une bonne position ; il appuiera sa <i>droite</i> à la Partha
et sa <i>gauche</i><sup>[^4]</sup>
à l’Elster, occupant les routes de Halle et de Landsberg ;
toute sa cavalerie sera placée en avant-garde sur ces deux routes,
5 à 600 hommes sur chacune, avec deux bataillons et six
pièces de canon, de sorte qu’elles soient bien éclairées. On
m’assure que Breitenfeld est une position qui domine la plaine ;
cela est une chose à étudier. La rive gauche de la Partha jusqu’à
Taucha sera éclairée par des postes de cavalerie et de
l’artillerie. Il y a plusieurs ponts sur la Partha : trois
seront désignés pour que, si l’ennemi ne faisait pas de
mouvements du côté de Halle, et que pourtant vous fussiez attaqué
par les Autrichiens, et eussiez besoin du 6<sup>e</sup> corps, il pût
déboucher par les trois ponts et passer la Partha. Mais ayez soin de
n’employer le 6<sup>e</sup> corps qu’à la dernière extrémité,
car tout porte à croire que l’armée de Silésie est du côté de
Halle. Je pense que le maréchal Marmont doit sur-le-champ faire
construire quelques redoutes dans la position qu’il choisira à
Breitenfeld. Je pense qu’on doit sur-le-champ faire construire des
tambours au pont de Connewitz et aux différents ponts de Leipzig, et
surtout à Lindenau.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai pris hier un ordre du jour pour
ordonner que toute mon infanterie fût placée sur deux rangs<sup>[^5]</sup> ;
mettez-le sur-le-champ à exécution. Je ne veux plus qu’on soit
sur trois rangs : le feu du troisième rang est insignifiant, la
baïonnette du troisième rang, est insignifiante, et quand on se
place en colonnes par division, chaque bataillon se trouvera former
une colonne de six rangs, outre les trois rangs de serre-files. Cela
est plus que suffisant, et cela a le grand avantage qu’un bataillon
de 500 hommes paraîtra à l’ennemi être de 750 ; ce qui
surtout sera d’un très bon effet dans ce moment, où l’ennemi ne
connaît pas cette nouvelle ordonnance, il lui fera juger l’armée
d’un tiers plus forte qu’elle n’est. Une heure après la
réception de cet ordre, que tout soit arrangé ainsi.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il est bien important que vous formiez
le 5<sup>e</sup> corps de cavalerie en rejoignant tous les régiments.
Le général Belliard<sup>[^6]</sup>
connaît parfaitement l’organisation de ce corps en trois
divisions<sup>[^7]</sup>.
Vous aurez alors trois bonnes divisions, une de cavalerie légère et
deux de dragons ; car les jeunes soldats, mêlés aux anciens,
seront aussi bons.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il est probable que je viendrai cette
nuit prendre position du côté de Hohenleina, avec toute ma Garde et
les cuirassiers de La Tour-Maubourg. Dans la journée de demain 14,
d’autres corps arriveront.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Tout ce qu’il y a dans la garnison de
Leipzig, appartenant aux 2<sup>e</sup>, 5<sup>e</sup> et 6<sup>e</sup>
corps, il faudra le leur renvoyer. Ces hommes rendront plus de
services dans leurs corps qu’isolément dans des bataillons
provisoires.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Aussitôt que ma Garde sera arrivée,
tout ce qui lui appartient en infanterie, cavalerie et artillerie, et
qui se trouve à Leipzig, la rejoindra.<sup>[^8]</sup></p><p style="text-align: right; margin-top: 0.42cm"><i>Np</i></p><p style=""><br/>
<br/>
</p>
[^1]: <span></span> Lorge, commandant de la 5<sup>e</sup> division de cavalerie légère (3<sup>e</sup> corps de réserve de la cavalerie).
[^2]: Voir CG14-36806.
[^3]: Blücher, commandant de l’armée de Silésie.
[^4]: Napoléon a inversé de sa propre main les termes « droite » et « gauche ».
[^5]: Voir CG14-36795.
[^6]: Aide major général de la Grande Armée.
[^7]: <span></span> Une fois constitué, le 5<sup>e</sup> corps de réserve de cavalerie réunit : la 9<sup>e</sup> division de cavalerie légère (Piré), les 5<sup>e</sup> et 6<sup>e</sup> divisions de grosse cavalerie (Lhéritier et Milhaud), elle est placée sous le commandement du général Pajol.
[^8]: <span></span> Expédition, Stadtgeschichtliches Museum, Leipzig, A 3183/2009 (minute, Archives nationales, AF IV 904, octobre 1813, fol. 194). [<i>C </i>20792]</body> |
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