CG14-36802.md

identifiantCG14-36802.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/10/13 00:00
titreNapoléon à Maret, ministre des Relations extérieures
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG14</i> - 36802. - </b>À Maret, ministre des Relations extérieures</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Duben, 13 octobre 1813, minuit et demi</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de Bassano, je reçois des nouvelles de Dessau à trois heures de l’après-midi. Nous y avons fait 3 000 prisonniers dont 50 officiers, tous Prussiens du corps de Tauenzien<sup>[^1]</sup> ; nous étions maîtres de la ville et nos tirailleurs étaient sur la tête de pont. Le général Reynier et le général Dombrowski avaient dépassé Coswig et marchaient sur Rosslau. Une grande canonnade s’est fait entendre de ce côté, à quatre heures après midi. Le prince de la Moskova me mande qu’on voit sur la rive droite des colonnes immenses de bagages et de parcs qui remontent la rivière et viennent du pont d’Aken. Il n’y a donc plus de doute que toute l’armée de Berlin a repassé sur la rive droite. Le roi de Naples ayant reçu le renfort du duc de Castiglione, et le duc de Raguse ayant ordre de se rapprocher de la ville, cela fera au roi de Naples près de 90 000 hommes, ce qui me donnera le temps de finir demain les opérations contre l’armée qui a passé sur la rive droite.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je vous écris dans le premier moment, pour que vous expédiiez un courrier au duc de Padoue et au roi de Naples pour leur donner ces nouvelles. Je vous écrirai probablement une autre lettre dans deux heures pour vous instruire de ce qui se sera fait à Rosslau. Nous avons remarqué dans les prisonniers que, pour la première fois, il y avait beaucoup de Cosaques ; reste à savoir si ce sont de vrais Cosaques ou seulement des hommes habillés en Cosaques. On a détruit un bataillon qui s’appelait <i>Bataillon de la Vengeance</i><sup><i>[^2]</i></sup><i>,</i> et on lui a pris ses deux pièces de canon. Je pense que c’est bon à écrire à Bacher<sup>[^3]</sup>, pour qu’il en fasse un bulletin. Que dans tout cela il ne soit pas question de moi ; qu’on ne sache pas où je suis. Qu’on fasse connaître aussi les prisonniers et le grand nombre de voitures qui ont été enlevées avant-hier.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je vous le répète, faites connaître ces nouvelles au roi de Naples et au duc de Padoue, par courrier extraordinaire. Donnez-en communication au roi de Saxe<sup>[^4]</sup> à son lever.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Faites écrire par le général Curial à Wurzen que tous les malades et les vivres qui sont à Wurzen doivent être dirigés sur Torgau et qu’on doit se procurer cet effet tous les moyens de transport nécessaires.<sup>[^5]</sup></p><p style="text-align: right; margin-top: 0.42cm">Napoléon</p><p style=""><br/> <br/> </p> [^1]: Le nombre de prisonniers ne cessent de croitre au fil de l’annonce par Napoléon de la prise de Dessau (voir CG14-36794. [^2]: Voir CG14-36787. [^3]: Chargé d’affaires auprès des princes de la Confédération du Rhin. [^4]: <span></span> Frédéric-Auguste I<sup>er</sup>. [^5]: <span></span> Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 1 M 2081 (minute, Archives nationales, AF IV 904, octobre 1813, fol. 197). [<i>C </i>20783]</body>