CG14-36714.md

identifiantCG14-36714.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/10/10 00:00
titreNapoléon au général Arrighi de Casanova, commandant le 3e corps de cavalerie
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG14</i> - 36714. - </b>Au général Arrighi de Casanova, commandant le 3e corps de cavalerie</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Duben, 10 octobre 1813, quatre heures du soir</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de Padoue, le major général vous a donné l’ordre, il y a deux heures, de faire filer cette nuit, sur Eilenbourg, le trésor, les parcs d’artillerie, des vivres, les équipages militaires et tout ce qui serait embarras. Vous avez dû envoyer au duc de Castiglione pour presser son arrivée à Leipzig. Réuni avec le duc de Castiglione, et débarrassé de tous vos embarras et même des hommes malingres, vous formerez une belle réserve pour soutenir le roi de Naples. J’ai fait débloquer Wittenberg, et l’armée de Silésie est en pleine retraite sur Dessau et sur ses ponts, que je lui enlèverai demain, ou je l’obligerai à une bataille.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je suppose que le roi de Naples, réuni à vous et au duc de Castiglione, pourra garder Leipzig. S’il en était autrement, mon intention est que la retraite se fasse sur la Mulde par les ponts d’Eilenbourg et de Duben ; et, si cela devenait nécessaire, sur l’Elbe, par Wittenberg et Torgau ; mon projet étant, pour déconcerter entièrement l’ennemi (dans le cas où je n’aurais pas le temps de battre l’armée de Berlin avant que l’ennemi fût arrivé à Leipzig), de céder toute la rive gauche, pour avoir ainsi le temps de détruire cette armée, ayant des magasins et des débouchés à Dresde, Torgau, Wittenberg et Magdebourg<sup>[^1]</sup>. Ceci demande le plus grand secret ; ne l’écrivez à qui que ce soit, si ce n’est en chiffre.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Dans le cas où vous pourriez envoyer un homme sûr à Erfurt, écrivez, en chiffre, au commandant de bien se garder et de ne point s’effrayer, tout ce qui arrive étant prévu, et le résultat de manœuvres.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Mon intention est cependant, et vous la ferez connaître au roi de Naples, que Leipzig ne soit abandonné que si cela est nécessaire pour ne pas engager une affaire avec des forces inférieures. Choisissez une bonne position pour pouvoir l’indiquer au roi de Naples ; vous y réunirez vos troupes et celles du duc de Castiglione, pour y recevoir son armée. Au dernier moment, vous pourrez dire aux magistrats de Leipzig de bien se comporter, que tout ce qu’ils voient est l’effet de manœuvres pour engager l’ennemi à une bataille qu’il a toujours voulu éviter, et que cela finira par un coup de tonnerre sur l’armée ennemie. Vous leur recommanderez en même temps nos hôpitaux et nos blessés. J’avais écrit au duc de Bassano<sup>[^2]</sup> de faire revenir tout ce qu’il a de son département à Leipzig ; cependant, je pense qu’il vaut mieux que personne ne parte, pour ne pas jeter l’alarme et ne pas déceler nos projets ; il ne faut faire partir que ce qui vous embarrasserait.<sup>[^3]</sup></p><p style="text-align: right; margin-top: 0.42cm">Napoléon</p><p style="margin-bottom: 0cm"><i>P.S.</i> Je vous envoie des lettres ouvertes pour le roi de Naples : prenez-en connaissance et remettez-les-lui en mains propres.</p><p style=""><br/> <br/> </p> [^1]: Les places de Dresde, Torgau, Wittenberg et Magdeburg sont commandées, respectivement, par les généraux Durosnel, Narbonne, La Poype et Le Marois. [^2]: Maret, duc de Bassano, ministre des Relations extérieures. [^3]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 20749, d'après l'original communiqué par le duc de Padoue (minute, Archives nationales, AF IV 904, octobre 1813, fol. 145).</body>