CG14-36330.md

identifiantCG14-36330.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/09/15 00:00
titreNapoléon à Maret, ministre des Relations extérieures
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG14</i> - 36330. - </b>À Maret, ministre des Relations extérieures</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Pirna, 15 septembre 1813, neuf heures du soir</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur de duc de Bassano, j'ai fait aujourd'hui attaquer l'ennemi et l'ai fait rejeter en Bohême. Il paraît que l'ennemi avait fait son attaque sur le comte de Lobau avec 25 ou 30 000 hommes, aux ordres du prince de Wurtemberg. Nous lui avons fait quelques centaines de prisonniers, dont le major et plusieurs officiers<sup>[^1]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Faites-moi connaître si le convoi des 15 000 quintaux de Torgau est enfin arrivé. Le roi de Naples a poussé ses postes jusqu'à Torgau. J'ai fait jeter ici un pont de bateaux, de sorte que je suis en communication directe avec l'armée de la rive droite.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il me semble qu'il doit être arrivé aujourd'hui à Dresde des farines de Nossen et de Dœbeln. Invitez le comte Daru à faire faire beaucoup de pain et à en envoyer dans toutes les directions ; je suppose que son riz de Leipzig lui sera enfin arrivé.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Écrivez à Paris, et donnez à Leipzig l'ordre que l'estafette passe par Magdebourg.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Faites connaître au sieur Bacher que les habitants d'Altenburg étant venus au marché de Leipzig, il était de son devoir de les interroger sur les forces de Thielmann<sup>[^2]</sup> ; que c'est de sa part une négligence impardonnable que de ne l'avoir pas fait, et que je compte qu'il la réparera.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le général Lefebvre<sup>[^3]</sup> doit être aujourd'hui à Colditz, où il doit y avoir eu 2 000 hommes de Thielmann. Nous aurons donc des nouvelles. J'espère qu'il arrivera quelque échauffourée à l'ennemi, qui le dégoûtera de ce système trop étendu de partisans.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Occupez-vous sérieusement de former des magasins de fourrages et d'avoine sur les bases dont je vous ai parlé, si ce n'est pour le moment actuel, du moins pour l'hiver.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il est nécessaire de faire mettre dans le journal de Leipzig des articles sur ce que j'ai fait et d'indiquer où je suis, parce que cela retentit ensuite dans les journaux d'Allemagne, et cela supplée à des nouvelles.<sup>[^4]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon<sup>[^5]</sup></h3><p style=""><br/> <br/> </p><p style="margin-bottom: 0cm"><br/> </p> [^1]: Napoléon a fait attaquer les positions alliées entre 2 h. et 3 h., et les rejette en Bohême. Par cette attaque, il compense les pertes subies par Mouton la veille au combat de Nollendorf (voir CG14-36326). [^2]: Altenbourg est occupée par Thielmann depuis quelques jours (voir CG14-36293). [^3]: <span></span> Lefebvre-Desnouettes, commandant de la 2<sup>e</sup> division de la cavalerie de la Garde impériale. [^4]: <span></span> Copie d’expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1792 (minute, Archives nationales, AF IV 903, septembre 1813, n° 150). [<i>C </i>20569]. La <i>Correspondance </i>porte une note du baron Fain : « Sa Majesté s’étant mise au lit, m’a ordonné de faire partir cette lettre sans sa signature. Sa Majesté pensant qu’on doit avoir besoin de nouvelles sur les derrières, m’a dit d’ajouter à la lettre de Votre Excellence qu’elle désirait que vous fissiez une espèce d’affaire de ce qui s’est passé aujourd’hui, en faisant mettre dans la <i>Gazette de Leipzig</i> que les Russes (25 à 30 000), commandés par le prince de Wurtemberg, ont voulu attaquer le comte de Lobau, mais que Sa Majesté est arrivée, les a fait tourner par une division, qui les a obligés de rentrer précipitamment en Bohême, et qu’on leur a fait des prisonniers, etc. ». [^5]: <span></span> Dans la <i>Correspondance</i>, le baron Fain précise que cette lettre n'est pas signée de l'Empereur.</body>