CG14-36309.md

identifiantCG14-36309.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/09/13 00:00
titreNapoléon au général Rogniat, commandant en chef le génie de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG14</i> - 36309. - </b>Au général Rogniat, commandant en chef le génie de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Dresde, 13 septembre 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">À dater de demain 14, le fort de Sonnenstein sera considéré comme place de guerre. J’ai ordonné qu’on y mît une garnison de cinq ou six cents hommes et 14 pièces de canon dont 3 de vingt-quatre. Il faut donc redoubler d’activité pour mettre ce fort en état de défense. Mon intention est qu’on tienne aussi la ville, et qu’on en arrange et qu’on crénelle l’enceinte et les postes. C’est ce qui m’a déterminé à placer six cents hommes au lieu de deux cents qui seraient nécessaires pour la défense du fort, bien entendu que les six cents hommes remonteraient au fort lorsque la ville serait forcée. Il faudra faire évacuer sur-le-champ l’hôpital des fous, et il ne faudra plus laisser personne dans l’hôpital. Le commandant du génie se rendra sur-le-champ chez le ministre de l’Intérieur pour que cette évacuation soit faite demain 14 à midi. Il faut, dans le jour, démolir une ou deux maisons qui gênent la défense du château. Il faut que les caves soient vidées et y placer les approvisionnements dans le jour de demain, les munitions de guerre et de bouche, on y fera un dépôt de cartouches. On fera construire un petit four dans un souterrain pour le service de la garnison, on se servira en attendant du four de l’hôpital.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il faut partir du principe que tout l’hôpital sera brûlé dès que l’ennemi y lancera des obus. Le génie et l’artillerie discuteront s’il faut démolir sur-le-champ les toits et les planchers des bâtiments. L’attaque du Sonnenstein n’est pas un problème ; ce fort sera attaqué avant huit jours, il ne faut donc rien ménager pour le mettre dans un bon état de défense. Si l’on pouvait démolir les toits et renforcer les étages de manière qu’ils fussent à l’abri du feu, et qu’ils pussent servir à fusiller et même à y placer des petites pièces, ce serait un grand résultat.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il y a plusieurs maisons belvédères et murs à démolir dans les jardins, il faut les démolir sur-le-champ et ne point avoir de considération. On a pratiqué une entrée au milieu où l’on a établi une palanque, cette entrée me paraît dominée. Le génie adoptera une de ces deux choses, ou bien il pratiquera une entrée à droite ou à gauche, ou bien il marquera l’enfilade de celle qui existe par deux traverses, l’une en avant et l’autre en arrière.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Faut-il raser les murs en avant ou faut-il garder ces murs ? Dans tous les cas les murs sont mal placés, et forment un angle qui n’est pas tolérable, on pourrait tracer un chemin couvert sur la contrescarpe, l’exécuter lorsque l’on aurait le temps et ne raser les murs que lorsque le chemin couvert serait fait. Rogniat me présentera sur-le-champ le tracé de ce chemin couvert, et les murs seront conservés et crénelés, vu l’urgence des circonstances, jusqu’à ce que le chemin couvert pût être fait.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il faut un parapet de dix-huit pieds d’épaisseur sur l’esplanade entre les deux fossés, il faut couper les arbres des fossés et démolir tout ce qui les encombre ; aucune considération ne doit arrêter.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Dans le jour de demain il ne doit plus rien avoir de combustible dans la maison, on doit agir comme si l’ennemi était en présence et établi à six cents toises. Je pense que le général Rogniat peut envoyer tous les sapeurs du parc, tous ceux de la Garde, et tout ce qu’on pourra pour ce travail.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le commandant du génie se conformera à toutes mes intentions, qu’il n’épargne rien, qu’il perce des communications tout autour de la maison, qu’est-ce qu’une maison de deux ou trois cents mille francs auprès de la vie des hommes et de l’honneur des armes ! Que tout ce qu’on fera soit dans le principe qu’on sera attaqué le 16 ou le 17. Je suppose que l’ennemi arrive le 17, il restera deux ou trois jours et ensuite sera chassé.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il faut établir les travaux de manière que ce qui est indispensable soit établi sur-le-champ, et qu’on puisse travailler ensuite à des ouvrages qui serviront à améliorer le fort lorsqu’on en aura le temps.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai ordonné l’établissement d’un va-et-vient, il doit être établi vis-à-vis du château dans la journée de demain, ce va-et-vient doit pouvoir porter une pièce de canon, son caisson et trente chevaux.</p><p style="margin-bottom: 0cm">On tracera sur la rive droite un ouvrage devant servir de tête de pont vis-à-vis du fort Sonnenstein. Ce qui m’empêche d’établir un pont sur ce point, dans le moment, c’est le défaut de tête de pont sur la rive droite.</p><p style="text-align: center; margin-bottom: 0cm; font-variant: small-caps"> Article second</p><p style="text-align: center; margin-bottom: 0cm"><span style="font-variant: small-caps">Défense des débouchés de la Bohême</span></p><p style="margin-bottom: 0cm">La position pour défendre la route de Peterswalde paraît être sur Berggiesshübel, il faut la faire reconnaître et y tracer des redoutes pour la fortifier, mon intention étant d’y résister. Les troupes du 1<sup>er</sup> corps et les sapeurs travailleront sur-le-champ à ces redoutes. On fera des abattis dans les bois, on enverra des haches aux troupes afin qu’elles puissent faire ces abattis.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Cette position peut être tournée par la gauche, aussi je réserve la division qui est à Kœnigstein, pour venir se placer vis-à-vis Berggiesshübel. On fera reconnaître cet emplacement et voir si l’on peut fortifier la position de la division par des abattis. Cette division forcée ne se retirerait pas sur Kœnigstein, elle ne pourrait se retirer que sur Sonnenstein et de là descendre à Pirna. C’est ce que m’engage à désirer l’établissement de trois à quatre redoutes à environ deux cents toises du fort de Sonnenstein, cette division se refugierait là où elle ne pourrait être tournée ni par la droite ni par la gauche, et où elle serait protégée par l’artillerie du fort, par les redoutes et par ses seize pièces de canon, et pourrait rester là jusqu’à ce que l’ennemi fût maître des hauteurs de Dohna. Ces quatre redoutes ne pourraient pas se faire pour le moment, on les tracera et on n’y travaillera que lorsque le fort sera mis en état.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le Kohlberg qui domine le chemin sera occupé par une redoute défendue par un bataillon fourni par cette division de manière à être maître de la grand-route, le Berggiesshübel forcé.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Revenons à la position de Berggiesshübel ; elle ne peut être tournée par la droite que par la position de Borna ; un corps d’armée défendra cette position, il faudra la fortifier par trois ou quatre redoutes dont une est déjà commencée. Les troupes du corps d’armée fourniront des travailleurs pour ces travaux.<sup>[^1]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p style=""><br/> <br/> </p> [^1]: Copie d’expédition, collection privée.</body>