CG14-36146.md

identifiantCG14-36146.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/08/30 00:00
titreNapoléon à Frédéric Ier, roi de Wurtemberg
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG14</i> - 36146. - </b>A Frédéric Ier, roi de Wurtemberg</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Dresde, 30 août 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur mon frère, j’ai renvoyé hier à Votre Majesté son aide de camp, qui l’aura instruite des événements qui se sont passés ici le 26 et le 27. La Grande Armée des alliés, commandée par l’empereur Alexandre, ayant sous ses ordres le prince de Schwarzenberg et les généraux Barclay de Tolly, Wittgenstein et Kleist, a été entièrement défaite ; je lui ai pris plus de 30 000 hommes, quarante à cinquante pièces de canon, 1 000 caissons de munitions ou voitures de bagages, et trente drapeaux ou étendards. Les baillis saxons ont déjà envoyé la note de plus de 12 000 blessés que l’ennemi a abandonnés dans les villages. Le prince de Wurtemberg, qui commandait un corps russe de 15 000 hommes à Hellendorf, au débouché de Peterswalde, a été battu par le général Vandamme, qui lui a pris 2 000 hommes et six pièces de canon. Cette affaire a eu lieu hier 29.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le général Vandamme se porte sur Tœplitz, et pendant ce temps quatre corps d’armée suivent l’ennemi, qui était hier à Altenberg. Je crois qu’il aura beaucoup de difficultés à passer Zinnwald, où le chemin est très mauvais, et qu’il sera obligé d’abandonner la plus grande partie de ses bagages. On ne peut s’imaginer le mauvais état de l’armée autrichienne : elle n’est en campagne que depuis quelques jours, et la moitié de ses soldats sont presque nus et sans souliers. Les trois quarts ne sont que des recrues levées depuis six semaines.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai reçu la lettre de Votre Majesté du 24. Elle prend le bon parti en armant autant qu’elle peut.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous aurez vu, par la proclamation du prince de Schwarzenberg qui vous sera parvenue, que les prétentions de l’Autriche sont de faire rentrer la France dans ses anciennes limites, ce qui veut dire aussi de détruire ses alliés. C’est un beau rêve qu’on a fait faire à l’empereur François. Je lui suis si attaché, que je le plains de s’être bercé de pareilles chimères.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai été fort content de la ville de Dresde et de tous les Saxons dans les villages ; aussi l’ennemi ne les ménage-t-il point. Je pense que dans les circonstances actuelles il n’y aurait pas de plus sotte économie que de ne pas s’armer de pied en cap pour défendre son pays, puisque quelques partis ennemis qui y pénétreraient y feraient bien plus de mal que cet armement n’aurait pu coûter.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je suppose que Votre Majesté aura envoyé à la rencontre des convois de prisonniers, afin d’en retirer les hommes nés dans les anciennes possessions du Wurtemberg qui pourraient s’y trouver ; mais je pense qu’il serait imprudent d’enrôler ceux qui seraient nés dans vos nouvelles possessions ; ils seraient trop portés à la désertion.<sup>[^1]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napole</i></h3> [^1]: <span></span> Expédition, Abteilung Hauptstaatsarchiv des Landesarchivs Baden-Württemberg, Stuttgart, G 243, dossier 60. [<i>C </i>20495]</body>