CG14-36080.md

identifiantCG14-36080.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/08/25 00:00
titreNapoléon au maréchal Gouvion-Saint-Cyr, commandant le 14e corps de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG14</i> - 36080. - </b><span style="font-variant: normal">Au maréchal Gouvion-Saint-Cyr, commandant le 14e corps de la Grande Armée</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Stolpen, 25 août 1813, neuf heures du matin.</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon cousin, il est indispensable que je sois sans inquiétude pour Dresde dans les journées du 26, du 27, du 28, du 29 et du 30. Dresde doit tenir plus de 6 jours<sup>[^1]</sup>. Sa défense consiste premièrement dans le camp retranché. On a dû mettre 8 à 10 pièces de canon dans chaque redoute, indépendamment de 3 batteries mobiles de 20 pièces chacune qu'ont la garnison et le corps d'armée pour se porter partout où il serait nécessaire. </p><p style="margin-bottom: 0cm">Je suppose que le génie aura élevé quelques petits épaulements aux saillants de l'enceinte, outre les redoutes. Les redoutes et les faubourgs évacués, il reste l'enceinte de la ville. Cette enceinte a un fossé plein d'eau et une palanque. Ce n'est pas dans la palanque que consiste sa défense, mais bien dans le rang de maisons derrière. J'avais ordonné de faire occuper ces maisons par la garnison et de barricader les rues avec des sacs et tonneaux à terre, de manière à ce qu'elles fussent toutes impraticables. Dès lors, l'ennemi doit d'abord éteindre le feu des bastions : j'ai fait placer plusieurs pièces dans des casemates dont il serait difficile d'éteindre le feu. Tant qu'il ne le serait pas, c'est en vain que l'ennemi renverserait la palanque. Il faudrait qu'il passât le fossé et ensuite qu'il fît brèche dans les maisons ; mais avec une nombreuse garnison, je ne sais comment l'ennemi pourrait faire brèche, puisqu'elle peut se retrancher derrière les ruines. Enfin les feux des bastions ne peuvent être éteints qu'en établissant régulièrement plusieurs batteries, ce qui consommerait les 7 ou 8 jours que je demande ; et d'ailleurs les barricades derrière la première ligne de maisons vis-à-vis des brèches rendraient vains tous les efforts de l'ennemi et prolongeraient la défense. Dresde peut donc se défendre dans les règles de l'art 6 à 7 jours, et avec opiniâtreté 15 à 20 jours. La ville prise, il resterait les ouvrages sur la rive droite, où l'on aurait transporté tout ce qu'on aurait de précieux dans la vieille ville, et où on se défendrait encore longtemps. </p><p style="margin-bottom: 0cm">Le major général vous fait connaître les ordres donnés pour aujourd'hui et demain. Mon intention est de prendre le camp de Pirna avec toute mon armée. Je ferai déboucher demain le général Vandamme pour s'emparer des bois et des défilés de Hollendorf : la 42<sup>e</sup> division occupera Pirna et formera ma droite. L'intervalle sera occupé par tous les autres corps d'armée, cavalerie, artillerie et infanterie. Aussitôt que je serai maître de Pirna, je ferai jeter deux ponts sur l'Elbe vis-à-vis la ville [<i>sic</i>] ; j'ai à cet effet les pontons tout prêts. Dans cette disposition des choses, quand vous serez arrivé à la hauteur de Pirna, vous retrouverez votre 42<sup>e</sup> division. Si l'ennemi se sépare ou qu'il se soit mal enfourné, je tâcherai d'en profiter. S'il a pris sa ligne d'opération sur Leipzig, je me trouverai plus près de Prague que lui, et je tâcherai, en jetant des ponts sur l'Elbe, d'établir une communication avec le prince Poniatowski et avec l'armée de Silésie par le défilé de Gabel.<sup>[^2]</sup></p> [^1]: Napoléon espérait prendre l’armée adverse de flanc en débouchant du camp de Pirna. Devant les inquiétudes de Gouvion-Saint-Cyr, et l’état des défenses de Dresde (voir CG14-36088), il change de plan et se dirige vers la capitale de la Saxe, laissant à Vandamme le plan initiale. [^2]: <span></span> Expédition non signée, Archives nationales, 400 AP 140 (minute, Archives nationales, AF IV 902, août 1813, n° 346). Extrait [catalogue de vente], Th. Bodin, <i>Lettres autographes, manuscrits et documents historiques</i>, Drouot, 27 juin 1983, n° 213. [<i>C </i>20461]</body>