| identifiant | CG14-36049.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1813/08/23 00:00 |
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| titre | Napoléon au maréchal Berthier, major général de la Grande Armée |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG14</i> - 36049. - </b><span style="font-variant: normal">Au
maréchal Berthier, major général de la Grande Armée</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Lœwenberg, 23 août 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon cousin, faites
connaître au duc de Tarente comme instruction, que j’ai mis sous
ses ordres l’armée du Bober, qui est composée de 100 000 hommes,
infanterie, artillerie, cavalerie et troupes du génie comprises. Le
principal but de cette armée est de tenir en échec l’armée
ennemie en Silésie, et d’empêcher qu’elle se porte sur Zittau
pour interrompre ma communication, ou sur Berlin contre le duc de
Reggio. Je désire qu’il pousse l’ennemi jusqu’au-delà de
Jauer, et qu’il prenne ensuite position sur la Bober.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Trois divisions du 3<sup>e</sup>
corps seront réunies dans un camp, en avant ou en arrière de
Bunzlau, occupant Bunzlau pour le service du corps d’armée. On
couvrira de redoutes le champ de bataille qui sera choisi<sup>[^1]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Trois divisions du 11<sup>e</sup>
corps camperont aux environs de Lœwenberg. Des redoutes seront
construites sur les trois hauteurs, sur la rive droite ; on
établira solidement trois ponts, afin qu’on puisse déboucher
facilement et rapidement. La quatrième division du 11<sup>e</sup> corps
sera en réserve sur la Queis.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le 5<sup>e</sup> corps
sera placé dans la position jugée convenable entre Lœwenberg et
Hirschberg, en occupant Hirschberg, si cela est possible, afin de
tirer des ressources de cette ville.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La communication de
Bunzlau à Hirschberg aura lieu derrière la Bober ; à cet
effet, on établira à toutes les demi-lieues des corps de garde
retranchés, avec des palissades, en préférant des maisons s’il y
en existe et, dans le cas contraire, en faisant construire une
baraque, de sorte que 25 à 30 hommes y soient à l’abri
des entreprises des Cosaques. Toute la communication se fera derrière
la Bober et ces petits blockhaus. On pourra placer de plus, de deux
lieues en deux lieues, dans les positions où cela serait nécessaire,
un bataillon qui se retranchera et aura du canon. La quatrième
division du 3<sup>e</sup> corps sera placée en potence entre la
Bober et la Queis, dans une position également retranchée. Je
suppose que le duc de Tarente emploiera sa quatrième division du 11<sup>e</sup>
corps, la division Marchand, à occuper les positions sur la Queis,
c’est-à-dire Naumbourg, Lauban et Greiffenberg, ou autres points
convenables. Il donnera ordre qu’on se retranche sur-le-champ, et
il s’assurera de vivres pour huit ou dix jours. Les magasins, les
gros bagages et tous les embarras de l’armée seront à Lauban.
Tous les convois envoyés par l’administration générale de
l’armée n’iront que jusqu’à Lauban, et depuis là le duc de
Tarente répartira ces secours entre les différents corps de l’armée
du Bober, selon les besoins.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il paraît convenable
de former deux gros corps de cavalerie, un à la droite et un à la
gauche qui, avec de l’infanterie et de l’artillerie, flanqueront
l’armée, observeront les mouvements de l’ennemi qui voudraient
la tourner et assureront les communications. Je pense même que,
selon les circonstances, si l’ennemi essayait de tourner la gauche,
le duc de Tarente devrait réunir sa cavalerie sur sa gauche, avec
une division d’infanterie, et la détacher en corps volant et
observer les mouvements sur la gauche ; car il importe que
l’ennemi ne passe point entre lui et l’Oder pour se porter sur
Berlin.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Cette armée étant
ainsi placée, si l’ennemi prenait l’offensive et qu’il n’eût
pas été renforcé, je pense que le duc de Tarente devrait marcher à
lui, en débouchant par Lœwenberg ou tout autre point, et le battre.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Les troupes seront
baraquées ; tous les malades seront dirigés sur Lauban, d’où
ils seront évacués au fur et à mesure sur Gœrlitz et la ligne de
l’armée. L’armée sera toujours mobile et sans embarras. Toute
voiture non attelée sera aussitôt renvoyée sur les derrières.
Lauban ayant une double enceinte, on mettra cette ville en état de
défense en établissant des redoutes sur les hauteurs.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Dans cette situation,
l’ennemi ne peut point passer entre votre armée et les montagnes
des Géants, ni entre votre armée et l’Oder, pour se porter sur
Berlin, sans s’exposer à être coupé par elle. Comme le 2<sup>e</sup> corps
de cavalerie a 8 000 chevaux et que le terrain à droite
n’est pas favorable à la cavalerie, vous pouvez réunir cette
masse de 8 000 chevaux sur votre gauche, pour éclairer
parfaitement les mouvements de l’ennemi.<sup>[^2]</sup></p>
[^1]: Napoléon espérait affronter Blücher, mais le Maréchal de fer applique à la lettre le plan décidé par les Alliés : ne pas affronter Napoléon directement mais ses lieutenants. Blücher devait se retirer pour éloigner Napoléon de Dresde tandis que Schwarzenberg attaquait la capitale de la Saxe.
[^2]: <span></span> Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 124 (minute, Archives nationales, AF IV 902, août 1813, n° 319). [<i>C </i>20442]</body> |
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