CG14-36048.md

identifiantCG14-36048.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/08/23 00:00
titreNapoléon au maréchal Berthier, major général de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG14</i> - 36048. - </b><span style="font-variant: normal">Au maréchal Berthier, major général de la Grande Armée</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Lœwenberg, 23 août 1813 à midi</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Écrivez au duc de Tarente que vous lui avez fait connaître, par vos deux dépêches de ce jour, la position de son armée et la position défensive que je pense qu'il convient de prendre ; que ces lettres sont des instructions générales, susceptibles de toutes les modifications que le terrain et les circonstances pourront lui suggérer ; que mon opinion est que, dans l'état moral de ses troupes et de l'ennemi, il n'a rien de mieux à faire que de marcher à eux du moment qu'ils voudront prendre l'offensive ; que l'ennemi, en prenant l'offensive, se portera sur plusieurs points ; qu'au contraire le duc de Tarente doit alors réunir toutes ses troupes sur un point, afin de déboucher en force sur eux et de reprendre sur-le-champ l'initiative.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Que je porte aujourd'hui mon quartier général à Gœrlitz ; que mes opérations dépendent de celles de l'ennemi ; que si l'ennemi prend le 23 ou le 24,l'offensive d'une manière positive sur Dresde, mon intention est de laisser l'initiative à l'ennemi et de me rendre sur-le-champ dans le camp retranché de Dresde et de lui livrer une grande bataille ; et, comme dans ce cas l'ennemi tournera le dos au Rhin et nous à l'Oder, dans le cas où la victoire ne serait pas gagnée, je rentrerais dans mon camp retranché ; au pis-aller, je passerais l'Elbe sur la rive droite, je conserverais toujours mes communications avec vous, et je prendrais le parti que les circonstances exigeraient, soit pour déboucher sur Torgau, soit sur Wittenberg, soit sur Magdebourg ; que, si l'ennemi ne prend pas aujourd'hui ou demain l'offensive d'une manière déterminée, il est possible que ce soit moi qui la prenne, en marchant sur Prague ; dans ce cas, je prendrai dans les premiers jours une ligne d'opération sur Zittau et Bautzen ; que, dès le moment que je prendrai ce parti, je mettrai Gœrlitz sous ses ordres ; que, pendant tout le temps que j'aurai ma ligne sur Zittau, il est de la plus haute importance qu'en aucun cas l'ennemi ne puisse se porter sur Zittau ; et que si, par un mouvement inopiné ou par la perte d'une bataille, il était obligé de prendre la ligne de la Queis, il faudrait s'y maintenir et enfin faire sa retraite sur Zittau, puisque alors une fois réunis on pourra aviser à ce qui convient ; que, si je me porte sur Prague, la première opération sera de tâcher de prendre ma ligne d'opération sur Dresde, et dès ce moment le duc de Tarente sera plus libre de ses mouvements ; et que, s'il était obligé de reculer, ou je l'appellerais à moi sur Zittau, ou il se dirigerait sur l'Elbe, dans le camp retranché de Dresde.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Que tout ceci n'est qu'une instruction générale à consulter dans les événements imprévus ; que mon intention est de maintenir constamment mes communications avec lui, qui ne peuvent être interrompues que par un fort mouvement de l'ennemi sur sa gauche. L'ennemi n'étant hardi que dans les opérations de plaine ou de cavalerie légère, le terrain ne lui est propre que sur la gauche ; mais que dans ce cas le duc de Tarente, par un corps volant et avec sa cavalerie, sera secondé par un gros corps de cavalerie, que je tiendrai toujours sur ma gauche, entre Zittau et la Queis, pour communiquer avec lui.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Toutefois il est nécessaire d'ordonner qu'on ne communique de Gœrlitz à Lauban que par des convois bien escortés. Que je donne ordre à mon grand écuyer<sup>[^1]</sup> d'établir une estafette de mes postillons, depuis Lœwenberg jusqu'au lieu où je serai, laquelle, étant servie par mes chevaux, rendra les communications extrêmement rapides par Gœrlitz et le point où je me trouverai.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Donnez au duc de Tarente le petit chiffre, pour remplacer le chiffre qui probablement a été pris. Comme ce chiffre est facile à copier, le duc de Tarente l'enverra aux généraux commandant les corps sous ses ordres.<sup>[^2]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Drouot fait fonction de grand écuyer en l’absence de Caulaincourt (voir CG14-35880). [^2]: <span></span> Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 124. [<i>C </i>20443]</body>