CG14-36005.md

identifiantCG14-36005.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/08/20 00:00
titreNapoléon au maréchal Berthier, major général de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG14</i> - 36005. - </b><span style="font-variant: normal">Au maréchal Berthier, major général de la Grande Armée</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Zittau, 20 août 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon cousin, faites connaître au duc de Bellune que je pars pour Lauban, et de là je marcherai sur Lœwenberg pour attaquer l’ennemi. D’ici à cinq jours l’ennemi ne peut rien entreprendre du côté de Gabel, puisque le 18 il était à Sohland. Le prince Poniatowski, commandant le 8<sup>e</sup> corps, et le comte de Valmy, commandant le 4<sup>e</sup> corps de cavalerie, sont sous ses ordres. Dites-lui que mon intention est qu’il engage tout son corps pour se maintenir à Gabel et rester maître du défilé et du col, malgré tous les efforts de l’ennemi. 25 000 hommes qu’il a sous ses ordres sont capables de défendre le défilé plusieurs jours contre 100 000 hommes. Prévenez-le que le général Vandamme, qui a quatre divisions, fait fortifier le col de Rumbourg. Je lui donne ordre de le défendre à toute extrémité. Ces trois corps réunis forment plus de 50 000 hommes. Le maréchal Saint-Cyr appuiera par sa gauche, avec deux divisions, si le mouvement de l’ennemi se prononçait en force de ce côté. Enfin j’exige qu’il n’y ait aucune hésitation. Il faut trois ou quatre jours pour fortifier les hauteurs, les défilés, faire les abatis et même les deux redoutes et un pont sur le ruisseau. Il faut qu’il organise le terrain pour une vive résistance ; si on est obligé d’évacuer les défilés, il faut défendre les hauteurs.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai ordonné ainsi ce qu’il fallait. Il est à croire que l’ennemi n’osera entreprendre une lutte qui lui deviendrait funeste. Si cependant le cas arrivait, je reviendrai rapidement, j’attaquerai à mon tour l’ennemi, j’entrerai en Bohême et me porterai sur Prague. Il est nécessaire qu’il ait six bataillons sur les hauteurs et de les occuper à la construction des redoutes ; on leur donnera quelque gratification pour le travail.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le régiment de la Vistule sera en réserve à la tête des débouchés ; il travaillera aux redoutes.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il établira son quartier général dans les maisons voisines du col. Une de ses divisions sera placée sur les hauteurs en arrière de la ville, et l’autre en avant de la ville au pied des collines, de sorte que ces deux divisions, faisant un mouvement, arriveraient en ordre au défilé ; que, sa droite se liant avec le général Vandamme, il n’a rien à craindre de ce côté ; quant à sa gauche, il reconnaîtra le pays et fera occuper les positions sur lesquelles il doit s’appuyer. Enfin il faut, coûte que coûte, défendre les défilés et le col. Il choisira près de la ville une bonne position où il puisse développer quarante pièces en batterie. Il évacuera ses blessés et embarras sur Lœbau et Bautzen. Si enfin, après une défense opiniâtre, il était forcé à se retirer, et l’armée étant à Gœrlitz, il s’y appuiera pour couvrir les derrières de l’armée.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Envoyez copie de ces instructions au comte de Valmy et au prince Poniatowski. Le comte de Valmy et le prince Poniatowski vous rendront compte chaque jour, puisqu’ils commandent des corps séparés.<sup>[^1]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Np</i></h3><p style="margin-bottom: 0cm"><i>P.S.</i> Il devra reconnaître la position du général Vandamme pour pouvoir concerter la défense.</p> [^1]: <span></span> Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 124 (minute, Archives nationales, AF IV 902, août 1813, n° 275). [<i>C </i>20419] La lettre est entièrement soulignée.</body>